100 jours après..

+ de 4000 km en voiture

+ de 1000km à pied

8 pays 

Environ 3000 €/ pers dépensé

10 barrières mentales évacuées. Plus que 1000.

21 rencontres « gravées dans la roche »

15 nouvelles réjouissances gustatives

3 joyeuses engueulades avec Mat

+ de 10 superbes discussions avec Mat

1 ballade sur des collines bucoliques pour Mat

10 rêves érotiques 

4 rêves bizarres

4 fois j’ai trop fait confiance à « Maps.me » (carte GPS)

9 « Big Boum »

1 poisson fantôme vu (la grosse classe dans le milieu des plongeurs)

1 buffet à volonté anéanti à chaque repas pendant 4 jours

4 nouvelles expressions dans la langue « gault-clairienne »

10 niveaux de plus dans la communauté Geonaute

100jours de pieds qui puent de Mat

100 jours..! Mais le compteur est défaillant?! Tout ces souvenirs en si peu de temps ? Ces aventures et ces rencontres nombreuses modifient clairement ma perception du temps. Mais surtout ces premiers 100 jours me révèlent une infinité de choix possibles pour le futur.  Notre expérience chez les Rinaldi, me fait dire que je reviendrai pour le ramassage des olives siciliennes. La petite semaine dans la communauté Workaway dans le Peloponese m’a définitivement ouvert ses portes. Notre quasi routine à Ramallah et notre travail de volontaire dans l’ONG palestinienne de ma soeur aurait pu durer plusieurs mois.

Et puis, le chemin que nous avons pris aurait pu être sans cesse différent. Je pense au début du voyage qui nous a mené le long de la côte ouest italienne mais qui aurait pu nous embarquer pour la slovaquie. Une deuxième fois l’Europe de l’est nous appelait à notre traversée depuis Bari. Le choix final a été l’Albanie. Et pourquoi ne pas traverser jusqu’à Dubrovnik et aller faire un tour en Bosnie et au Kosovo?  Mais la Grèce était « prévue » initialement et moi je veux aller découvrir cette Asie pour laquelle je nourris de trop nombreux préjugés. Une nouvelle opportunité venait alors se glisser sur notre chemin pour nous attirer en Palestine à travers un simple message de ma soeur. Comment refuser?! Je pourrai voir ma famille, nous serions logé à Ramallah et nous pourrions alors découvrir la Cisjordanie avec un autre regard et plus d’autonomie. Mathieu n’a pas hésité non plus.

La Turquie ne serait pas alors pour ce voyage mais la chance de découvrir Istanbul avec Manon nous a fait traverser la frontière pour quelques jours sans hésitations. Et voilà que l’obtention de notre premier niveau de plongée nous amenait en Égypte au bord de la mer rouge. 

« En Égypte?! Mais c’est l’Afrique! »

Le voyage aurait pu basculer totalement si on le souhaitait.. Mais l’Asie est dans nos têtes ! Et l’arrivée en Nouvelle Zélande nous emballe toujours autant!
Et déjà trop de personnes m’ont marquées à vie pour que je puisse toutes les citer mais ce premier point d’étape me permet de repenser à chacune d’entre elle et d’identifier un peu plus comment la trajectoire de ma vie future ne peut que en être impactée.
La gentillesse naturelle de Suha, palestinienne, qui nous a fait découvrir Gênes.

Le récit bouleversant de Mohammed, réfugié gabonnais, et de sa venue à haut risque en Italie.

La joyeuse simplicité et l’allégresse de Marco, le napolitain pure souche, passionné de photos et de nature.

L’humour, la sérénité et l’éternel bienveillance de Vicenzo le père de la famille Rinaldi.

La douce folie et la légèreté de nos deux amis belges du traquenard albanais.

L’impressionnante humilité d’Anael après 3 ans de voyage à vélo dans le monde entier.

L’aura de Meletios, sa capacité d’observation supérieure, sa sérénité dans son choix monastique.

L’harmonie des joyeux membres de la communauté de Megalopolis que j’ai voulu interviewer individuellement.

L’énergie, l’enthousiasme, la curiosité et l’ouverture de Fouad qui à l’entendre « n’a rien compris » et « hallucine » en permanence.

La générosité et l’amitié de Mohedden, jeune syrien vivant actuellement à Istanbul et qui subit frontalement l’histoire moderne : son père a disparu depuis 5 ans.

La fougue et la combativité de M. , belle  journaliste et activiste palestinienne qui se bat pour la liberté de son pays et de son peuple.

Le courage de ma soeur dans ses choix et face aux épreuves du quotidien.

L’insatiable joie de vivre de ma deuxième soeur.

L’amour de mon père et de ma mère.

A travers ce résumé, je me rends compte que c’est en majorité des figures masculines inspirantes que nous avons rencontrés. J’espère que nous aurons la chance de rencontrer plus de femmes dans la suite du voyage et les laisser nous impressionner à leur tour.
Et bien sûr, j’ai une pensée toute particulière pour mon copilote de voyage. 

Ce bon Saturnin a fait preuve d’une adaptabilité inattendue. Il vit chaque jour comme une aventure hors du commun qui le sort de sa zone de confort et lui enseigne davantage. Chaque nouvel environnement est un terrain de jeu et il restaure rapidement ses habitudes pour en jouir à la manière qui est la sienne. 

A qui le connait bien, ne l’imagine pas facilement à l’aise dans une famille catholique pratiquante, pour dormir en tente sur un chemin de passe, dans une conversation profonde avec un moine orthodoxe, pour dormir littéralement sur le pont d’un bateau dans des conditions olfactives, accoustiques et climatiques difficiles… Rêveur à ses heures, perdu dans ses pensées à d’autres mais bien encré dans ce voyage, j’ai vu mon ami de longue date sauter des barrières mentales une à une et se libérer davantage. Parfois avec maladresse, de temps à autre avec excès mais le rodage est en cours. Il est vif. Je dirais même qu’il a une belle pétillance! Le résultat sera grandiose. Dorénavant, un instant d’inattention de ma part et c’est une nouvelle rencontre pour Mathieu.

La curiosité nous réunit fortement dans ce voyage et je lui reconnais volontiers la capacité de s’imprégner du meilleur des gens que nous rencontrons et les récits qu’il en fait sur notre blog le montre.

Ne croyez pas pour autant tout ce qu’il vous dit. Ses victoires à quelconques jeux, ses entourloupes, mes bêtises, mes oublis, mes erreurs ne sont bien sur que le fruit de son imagination. Il me faudrait écrire sur le blog plus régulièrement pour équilibrer ses dires et offrir davantage ma perception mais j’aime m’occuper des vidéos et des photos. Puis, il faut reconnaitre que je ne n’ai pas sa facilité d’écriture. Et même en voyage le temps file. Entre boire et écrire, il faut choisir.

Vivre au quotidien avec une personne dans une promiscuité forte est un challenge difficile et passionnant à la fois! C’est comme avoir une copine mais sans le plaisir charnel pour désamorcer certaines situations. Imaginez..

Pour autant, il me semble que c’est un excellent moyen d’apprentissage du « vivre ensemble ». Sans communication permanente, sans collaboration, sans bienveillance, sans tolérance et sans respect pour l’autre, l’entreprise ne peut que échouer. Et puisque ce qu’on voit dans les autres n’est que le miroir de soi-même, le travail est donc bien à faire d’abord sur soi pour combattre son égo et ses craintes. Mathieu l’a bien décortiqué dans son article de Neda. Alors, soyons authentiques, libérons nous! L’ouverture à l’autre sera alors naturelle.

Quand je regarde derrière, je suis enthousiaste!

Quand j’écris ces lignes en suant toute l’eau de mon corps entre Mathieu et un homme d’une bonne corpulence dans le bus pour Jérusalem, je suis enthousiaste!

Quand je pense au reste du voyage et aux possibilités infinies de ma vie future, je suis enthousiaste!

Stimulons cette « glande à enthousiasme ».

Je vous embrasse tous autant que vous êtes!

5 réflexions sur “100 jours après..

  1. Bon photographe mais aussi bon écrivain 🙂
    C’est chouette de voir la force de votre amitié qui vous permet tout en restant vous-même de découvrir le monde, les gens chacun à votre façon.
    Peut-être qu’à la fin de votre voyage vous ne serez plus très riche (financièrement) mais vous rapporterez en vous une richesse intérieure inestimable.

  2. J’ai lu ! 😝 De belles reflexions sur ces 100 premiers jours; je te sens serein et ça fait plaisir. Bisous petit frère, et vive l’enthousiasme !

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