Avant Athènes, une petite sortie piscine!

Après le petit déjeuner, nous partons pour Lamia. La veille, nous nous étions garés près d’une piscine, et Nicolas avait pris des renseignements. Nous y étions attendus aujourd’hui. A notre grande surprise, il ne s’agit pas d’une piscine publique, mais d’une piscine uniquement destinées aux cours! Le maitre nageur nous offre un bonnet à chacun, nous réserve un couloir rien que pour nous et nous propose même de nous faire un programme d’entrainement. Tout cela gratuit évidemment. Nous voilà donc en train de faire des longueurs à Lamia, sous le soleil, face à la montagne, tranquilles. Nous ne savons comment le remercier, alors nous lui offrons des biscuits de Zafferana.

Le sport fait tellement de bien! C’est tout à fait détendus que nous nous promenons dans la ville, et que nous dégustons un café au soleil. En Grèce c’est assez surprenant, ils boivent souvent le café froid, avec des glaçons. C’est l’un des meilleurs « frappe » que nous aurons du voyage en Grèce. Nous quittons Lamia pour Athènes, où nous attends notre hôte. Nous devrons l’aider pour des cours d’anglais ainsi que donner des cours à sa fille qui est dans un lycée français.

Une fois arrivés, c’est génial. Note hôte est super sympa, sa fille adorable. L’appartement est un vaste loft dans le quartier d’Exarchia. Un quartier rebelle et contestataire. Nous ne pouvions rêver mieux. Après quelques présentations d’usage, notre hôte nous demande de sortir « koko », une petite chienne genre Cavalier King Charles Spaniel. Et nous voilà tout les deux, en plein milieu des punks et des anarchistes, à promener un petit chien. Il n’y a que workaway pour nous mettre dans des situations pareilles!

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Athènes est une ville merveilleuse, il y a la modernité et l’antiquité réunies. Les grands buildings sont entourés par les vestiges, surveillés par le Parthénon juché en haut de sa falaise. Nous quittons Exarchia, ses tags omniprésents, ses anarchistes militants, le brouhaha des manifs quotidiennes, les odeurs de kif, le souffle de la musique psy-trance et nous voilà au quartier des ambassades, les militaires, les grandes enseignes modernes entourant le magasin Nespresso, le tout ponctué par les incompréhensibles ballets des Evzones (gardes traditionnels Grecs). Entre ces deux extrêmes, il y a les cafés nombreux et leurs terrasses comme des invitations, il y a la clameur du marché, les olives à 3 Euros le kilo, les vendeurs ambulants de « koulouris », et puis il y a le quartier des librairies. Personne ne semble oublier ici ce qu’a été Athènes pour le monde de la Philosophie et de la Démocratie. Nous avons trouvé l’unique librairie française d’Athènes, l’occasion d’acheter « Zorba le Grec ». Malheureusement il est trop cher (31 Euros) nous l’achèterons donc en anglais.

Nous apprécions naturellement Athènes un peu plus chaque jour. En revanche, l’expérience dans le loft se dégrade à mesure que les jours se succèdent… Pourtant notre hôte est très gentille et semble faire son maximum pour que notre séjour se passe pour le mieux. Sa bonne volonté n’est jamais remise en cause. Mais cela devient vite un calvaire pour nous. Lorsque je travaille avec sa fille, notamment lors d’un exposé sur Ulysse, la mère ne peut s’empêcher de nous interrompre toutes les 5 minutes pour m’expliquer comment je dois faire. Non seulement cela me gène dans la pédagogie, mais en plus elle dit n’importe quoi! Ce qui devrait prendre 15 minutes prend alors 1 heure! Pendant ce temps, Nicolas travaille l’anglais avec elle. Elle admet ne pas savoir analyser des graphiques, Nicolas lui explique alors comment le faire. N’y a t-il rien de plus simple pour un ingénieur que d’analyser un graphique? Elle le coupe pourtant, et lui dit que non, ce n’est pas comme ça qu’il faut faire… Nous comprenons peu à peu sa personnalité. Ignorante de beaucoup de choses, elle veut néanmoins avoir toujours une opinion sur chaque sujet. Elle va donc nous expliquer, pèle-mêle, que Copenhague n’est pas une ville chère, que la mer est bleue à cause du ciel, que Stonehenge n’a rien d’intéressant, que les équinoxes et les solstices changent de jour chaque année… Les preuves scientifiques n’y font rien, elle nous contredit toujours et pour tout. Nous décidons vite d’ignorer notre hôte, de ne plus faire la contradiction. Mais il y a pire que ça. Notre hôte veut contrôler tous ceux qui l’entourent. Et pour nous cela devient très vite extrêmement contraignant. Elle nous demande avant manger de lancer « spontanément » un sujet de discussion à table, qu’elle aura choisi préalablement. Et au lieu d’une discussion, nous avons le droit à 1h de ses inepties. Quand je fais la cuisine, je dois utiliser le couteau qu’elle décide, couper les oignons avec la machine qu’elle désire, la tomate au format qu’elle souhaite, faire tout ce qu’elle dit et comme elle le dit. C’est ôter toute la créativité de ma cuisine. Heureusement je devine Nicolas mort de rire dan son coin. Mais là ou c’est vraiment insupportable, c’est que les méthodes qu’elle nous impose ne sont jamais les bonnes! Ce qui prend 5 minutes en devient 30. Elle veut que je fasse une sauce au four plutôt que dans une poêle. Parfois elle vient nous déranger dans la chambre, pour nous demander de déplacer un léger objet d’un endroit à un autre de la pièce. Plus ça avance, moins on ne comprend les instructions. Tout est tellement embrouillé dans sa tête, rien de rationnel ne peut en sortir! Nicolas et moi convenons que c’est une personne toxique et qu’il convient de s’en protéger. C’est bien dommage car dans le fond, elle n’est pas méchante!

Pour mon grand bonheur, j’ai déjà connu pareille situation. J’ai bien connu quelqu’un qui était exactement pareille. J’avais donc deux ans d’expérience avec ce genre de personne toxique. 

1/ Ne jamais contredire ou discuter. Se contenter de répondre par un sourire naïf a toutes ses inepties.

2/ Esquiver au maximum la personne, ne pas la regarder dans les yeux, attendre son absence pour aller dans les pièces communes, ne jamais rien lui demander.

3/ Lorsque vous vous retrouvez coincé avec elle, flatter son égo.

Nous avions pour cachette la chambre (mais elle a vite pris l’habitude de venir nous y chercher), alors nous avons pris le réflexe d’aller sur la cour intérieure (curieusement elle ne pensait jamais à nous y chercher) puis nous mangions de plus en plus dehors. En bas, il y avait des burritos végétariens pour 2 Euros, c’est vite devenu notre cantine. Un jour, son compagnon nous a rejoint. On se demandait quel curieux personnage pouvait avoir choisi notre hôte comme compagne. Quelle surprise de s’apercevoir que c’était un mec super cool, jeune, fan de Patagonia et de glanage urbain… un pote quoi! Par quel mystère un mec aussi sympa et rationnel a pu se retrouver amoureux de quelqu’un d’aussi… spécial?? Souvent, Nico et moi soulevons un verre à notre liberté, et nous avons une pensée pour cet homme aliéné par ses propres choix!

Notre hôte nous demande de partir pour le weekend car elle veut rester seule avec son compagnon. Cela ne nous pose aucun problème, ce sera l’occasion de visiter le Péloponnèse. Mais fidèle à elle même, lorsque l’on s’apprête à partir, elle nous dit « bah vous partez? » Aurait-elle déjà oublié que c’est elle qui nous a demandé de partir…?

L’album pour Athènes, c’est ici !

 

4 réflexions sur “Avant Athènes, une petite sortie piscine!

  1. Auclair dit :

    Hello !!!!
    En lisant, je pensais à la gamine… Hum hum….. La malheureuse ???…..
    J’aurais souhaité la rencontrer… et connaître son prénom aurait été un premier pas. Maman prend toute la place… Il semblerait qu’elle ait une petite fragilité cette maman…
    « Quelle est ta grille de lecture ??? »
    Espérons pour elle (la gamine) que papa joue son rôle !!!
    Et pour le « sourire naïf » t’es très doué Matthieu !!!!
    Ça aide parfois….

  2. lili dit :

    Athènes doit vraiment être une ville intéressante. Nous retournons en Grèce en principe en Juin et ne manquerons pas de faire un petit pèlerinage dans cette ville en pensant à vous 🙂

  3. kiki dit :

    Quelle histoire… athénienne ! Mais cela enrichi la diversité de la palette de vos rencontres, et je vois que vous finissez toujours par trouver une solution à chaque problème. Bravo !
    Le reportage photo est bien varié, par contre je n’ai pas vu de vidéo. Normal ? Bonne suite 🙂

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