Casa Rinaldi – épisode 2

Pour ceux qui aurait raté l’episode 1, c’est ici!

Et la douceur de vie chez les Rinaldi, ici.

On insiste parce que c’était une expérience très forte! Voici le 2ème épisode :

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 » En fait il y a 20 ans, je jouais dans une série très populaire, en Italie, « Bee Hive », et les gens se souviennent encore de moi pour ça ». Et c’est incrédules qu’en effet, nous découvrons sur youtube Vincenzo Rinaldi alias « Mike » dans une série télé genre « Hélène et les garçons »! Vincenzo est donc une star! 

Suite a cette découverte, nous nous promenons dans Acireale en attendant le spectacle pour lequel nous devrons gérer les lumières. C’est ici le carnaval, il y a du monde partout! 

Nous mangeons des pistaches en flânant, bien qu’elles s’avèrent décevantes: nous avions tant entendu parlé des pistaches Siciliennes! Nous voici finalement de retour au théâtre, pour aider Vincenzo. Il nous accueille avec un grand sourire: « l’Etna est en éruption!!! » Nous sommes surexcités, nous voudrions partir tout de suite pour la voir, mais il y a ce foutu spectacle. Il s’appelle « Carnaval got talents ». pour situer, c’est comme une fête de l’école, sauf que les parents participent aussi, et tout le monde se prend beaucoup trop au sérieux. Nous sommes mi-amusés, mi-médusés. Nous gérons la lumière, 1 pour le rouge, 2 pour le vert etc 5 le blanc, 6 le noir, 7 un programme automatique lent, 8 un programme rapide. Pour faire pro, il faut alterner les couleurs au rythme de la musique, puis mettre le 8 quand ça bouge! A la fin, l’idéal (mais on y arrive jamais!) c’est de faire un noir puis un blanc pour lancer les applaudissements!

Le spectacle en lui même restera un souvenir incroyable. Combien de fois nous sommes nous regardés avec Nico en nous demandant quel curieux hasard d’être la, dans ce théâtre en Sicile, a gérer les lumières comme des experts! Plusieurs fois des gens viennent nous parler, et l’on s’amuse a voir leur tête se décomposer lorsqu’on leur annonce ne pas parler Italien. Nous avons le droit à tout: Une caricature de Polnareff chantant dans l’ombre car trop avancé sur scène

, un défilé de miss +60ans, 


des tours de magies, des chants lyriques, une danse du ventre, … les parents sont a fond, on se croirait dans « little miss sunshine ». Entre chaque numéro, nous sommes accablés de long discours inutiles, cela fait bientôt 3heures de spectacles nous n’en pouvons plus… Et dire que l’Etna en ce moment est en éruption! La fin est surréaliste, un vieux, guitare a la main, chante une histoire peinte sur un grand drap derrière lui, c’est une tradition sicilienne parait-il. Non content d’exaspérer l’auditoire par sa piètre prestation, il ne veut plus lâcher le micro! Il faudra les huées de la foule, et les invectives de l’organisateur envers Vincenzo pour qu’enfin son micro soit coupé. Cette fois c’est la fin, je ne vois plus d’artistes sur la liste… Mais non! Un vieux prend le micro, sort un bouquin, et récite  de manière inaudible un long poème… « Ca raconte quoi Vincenzo?? », « aucune idée, c’est du patois Sicilien, personne ne comprend! ». Lorsque le long poème touche a sa fin, le petit vieux tourne une page, et en récite un autre! Ca ne finira donc jamais! La remise des prix est encore un moment totalement improbable. L’organisateur tient a ce que tout soit cale parfaitement, les discours, la musique « we are the champions », les cotillons a 2euros. Il se promène donc sur scène, a la vue de tous, donnant ses ordres sans discrétion et réduisant a néant le semblant de spontanéité qu’il essaye de faire transparaître!

En tout le spectacle aura presque duré 4 heures… Tout le monde s’en va, sauf nous. Il nous faut tout ranger. On termine tard, et Vincenzo est très content de notre coup de main, il nous offre une véritable expérience Sicilienne: « le Panino ». Sur une place ou se trouve trois immenses food truck, nous découvrons donc cette spécialité. 

Il s’agit d’une sorte de kebab a la différence près que le choix d’accompagnement est illimité! Champignons, salades, maïs, ricotta, mozzarella, parmesan, tomates, tomates séchées, choux rouge, choux, choucroute, frites, potatoes,… il y a au moins 30 variantes! C’est repus que nous reprenons la route pour Pisano, il est 2h du mat et la nuit est noire… Soudain au loin l’on aperçoit une lueur, elle se fait de plus en plus grande… Mais oui c’est l’Etna en pleine éruption. Je ne peux m’empêcher de lâcher un « whaaaaa » décontenancé… N’ai-je jamais vu rien d’aussi beau et impressionnant dans ma vie? 

Depuis cet épisode, nos rapports avec les Rinaldis ont changé. Je me sens ici chez moi, adopté par la famille. Je ne lis plus dans ma chambre, mais dans la cuisine, ce qui me permet de partager de grandes discutions avec Élisa: que pense-t-elle de la biodynamie de Steiner? Préfère t’elle la permaculture? Comment éleve t’elle ses levures pour le pain? et pour le kéfir? Pourquoi avoir quitté Milan? Que pense-t’elle des écoles alternatives? A table Élisa a toujours la gentillesse de proposer une variante végétarienne pour moi ce qui me touche chaque fois un peu plus. De son cote, Vincenzo ne nous dit plus ce que l’on doit faire le matin, mais il nous demande ce que nous voulons faire! Et lorsqu’en finissant le travail plus tôt que prévu nous lui demandons une nouvelle tache, il nous répond avec le sourire:  » Vous n’avez qu’à profiter et regarder l’Etna ».

La fin de notre séjour est vraiment fantastique. Nous faisons de nouveau une rando pour voir l’Etna de plus prés. La haut, un Italien a des jumelles qu’il nous prête: fascinant  spectacle que ses volutes de magma balancées dans les airs! 

Nous organisons également un repas français: œuf a la coque, ratatouille, gratin dauphinois, salade verte et, en dessert, galette des rois! Mais une galette des rois Sicilienne! Pendant les préparatifs, Vincenzo passe souvent dans la cuisine en disant « ah Paris, Paris » avec son accent faussement français . Puis lorsqu’on lui donne le nom des tartines avec les œufs, il fait une moue, soulève le petit doigt et dit d’un air distingué « mouillette ». C’est le fou rire. Le lendemain nous leurs apprenons a jouer au Molkky, sur un jeu que nous avons nous même fabriqué puis nous regardons ensemble le film « Asterix mission Cleopatre ».

Lorsque arrive le moment du départ, je ne parviens pas a comprendre comment le temps a pu passer si vite. Cette famille, je m’en souviendrai toute ma vie. Ils ont une vie simple, naturelle, équilibrée. Élisa a vite trouvé le moyen de faire de sa maison un lieu d’accueil pour nous. Vincenzo, le mec le plus gentil du monde, a toujours le sourire, toujours le bon mot, rien ne semble pouvoir perturber sa bonne humeur. Tommaso, est calme doué et agréable. Viola plus discrète et adorable. Francesco est un petit malin, qui du haut de ses 4 ans, nous apprend a jouer à des jeux avec lui en inventant des règles pour que l’on perde à tous les coups!

J’ai passé des jours heureux ici… Et lorsque j’aurais fondé une famille, je voudrais qu’elle soit comme celle-ci. 

 

6 réflexions sur “Casa Rinaldi – épisode 2

  1. Quelle belle rencontre, vous voilà riche d’une nouvelle expérience ! et merci du partage … haut en couleurs 🙂

  2. Toujours un plaisr de vous lire. Quand on est une belle personne, on attire des belles personnes 😊 Et viva Sicilia 👍

  3. Hello !
    J’ai bien rigolé !! Sans voir le « pestacle » (dixit Thibault…) c’est comme si j’y étais !!! Je vois d’ici votre éffarement au fur et à mesure du passage des artistes qui ont sûrement fait pour le mieux !!! Et vous deux, à votre poste des commandes… !! Énorme responsabilité que d’être aux commandes des lumières !!!
    Finalement, les techniciens « son et lumière » étaient à la hauteur de la qualité de la représentation donnée !!! ?? Non ?
    Et la famille, aussi simple et authentique que le spectacle….

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