Dust on Megalopoli

Le soleil se lève sur la tente, nous sommes rapidement étouffés de chaleur. Ça fait du bien de dormir, mais le moral n’est toujours pas au rendez-vous. Malgré cela, il faut admettre l’incroyable beauté du paysage qui nous entoure.

Nous faisons de l’escalade dans ce paradis, avant d’aller se reposer sur la plage. Perdu pour perdu, je vais faire un footing. Tant pis pour la transpiration! Je retrouve la sensation des cailloux écrasés sous mes baskets, des caresses du soleil et de la brise à mesure que mes pas s’accélèrent. Je monte, descend, saute, m’arrête pour observer la mer au bout de la jetée. Par hasard, je découvre un temple perdu dans la falaise. Un instant je remarque des oiseaux qui par leurs trajectoires semblent me suivre. Je respire à plein poumon la liberté et, peu à peu, je vais mieux.

Dans les obscures méandres de ma mélancolie, j’avais relancé un workaway contacté en Sicile. « Hey Alexandros, we are 1 hour close from your place, would you host us for a day or two? maybe more? ». En revenant du footing, je regarde mon téléphone. Un message d’Alexandros : « When you want, the time you want. Every workawayer is welcome in Megalopoli. » Nous voilà donc parti vers une nouvelle aventure!

Alex nous donne rendez-vous dans un village où se déroule une fête traditionnelle. Nous sommes le 25 mars, les Grecs fêtent le début de la guerre d’indépendance contre la Turquie. Suite à une erreur de GPS, nous arrivons au village tandis qu’Alex est déjà rentré à Megalopoli. « Look for Bob, he is french and has dreadlocks ». Nous voilà donc au milieu des Evzones dansant leur « Carmagnoles » à la recherche d’un dreadeux. Après quelques recherche, le voilà:

 » C’est toi Bob » lance Nico,

« Heuu… On se connait » nous répond Bob, incrédule.

On lui explique workaway, le rendez vous, le retard etc.

« Montez dans le camion » nous dit-il.

Et en effet derrière lui un énorme camion. C’est une sorte de camion militaire, sur lequel a été fixé à l’arrière l’habitacle d’une caravane . Incroyable. Il semble rempli de jeunes supers sympas. Je crois qu’on va bien s’éclater ici…

« On a la voiture, on se retrouve à Megalopoli ».

Lorsque l’on arrive là bas, nous découvrons les différentes personnalités qui vont agrémenter notre séjour. Ça va être sportif! Alex nous accueil à l’hotêl, par de nombreuses blagues; à la fois chaleureux et déconcertant. Il est entouré par Tommy, le cuistot Américain, Bob et Romain les deux français qui ont le camion. Il y a aussi Reinardt, l’écrivain Belge, Paco le manager Roumain et the Dude, qui nous accompagne à la villa en vélo, en écoutant de la musique psy trance.

Nous traversons un long jardin, sous des arcades de bétons, puis arrivons à la villa. C’est une vieille bâtisse, qui a beaucoup de cachet. Le sous sol est investi par tous les workawayers, Alex habite à l’étage avec Nile, sa compagne. Nico et moi tirons au sort les chambres. Nico dormira dans la laverie et moi dans la chambre d’un workawayer absent: « Pan ». Le lit de Nico est dégueulasse, visiblement c’était devenu l’abri des chiens. Sur les draps et la couette il y a plein de saletés, de la terre… Nous virons tout, retournons le matelas, et mettons de nouveau draps qui sont relativements propres selon le « test olfactif » de Dude. Quelques instants plus tard, on aurait presque une impression de propreté! Je vais ensuite m’enquérir de ma chambre. Elle fait 2m sur 2m et est tout aussi dégueu. Je vire draps et couette, retourne le matelas, et pose mon sac de couchage. J’entends Nico s’écrier « Naaaaannnnn ». Après un bref instant d’inattention, un énorme chien s’est faufilé dans la maison et s’est couché de tout son long sur les magnifiques draps blancs de Nico. « Ce genre de chien se roule dans sa mer** pour marquer son territoire » me précise Bob. Nico et moi ne pouvons retenir nos rires. Surtout qu’en vérité, tout ça on s’en fou un peu!

Je file donc dans ma chambre, me glisse dans mon sac de couchage. Il y a autour de moi au moins 40 canettes de bières vides, d’énormes moutons de poussière, des bruits suspects (rats?). En ce qui me concerne, je n’ai pas pris de douche depuis 3 jours, j’accumule la transpiration du jogging, la poussière de l’escalade, le sel de la mer. On va dire que ça colle un peu dans le sac de couchage. J’ai alors une tendre pensée pour mes maniaques préférés, maman et Flo. Le sommeil triomphe de tout! Je suis ravi de ma nuit, j’ai hâte de découvrir mes nouveau amis ici. Je sens qu’on est encore bien tombé.

Lorsqu’au matin, Alex nous demande quel genre de taches nous pourrions faire ici, je lui répond sans hésiter: « nous pourrions nettoyer la villa »!

 

3 réflexions sur “Dust on Megalopoli

  1. C’est vrai qu’un bon footing ça change le fonctionnement des neurones déprimés !
    Quel sens de l’adaptation…. vous ne craignez plus rien !
    Avez voue eu la visite de cette jolie petite bête la nuit ?

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