Fuite vers le Péloponnèse

De retour dans la voiture! Elle nous avait manqué. Ça fait du bien de sortir de du piège Athénien. Telle une cocotte minute qu’on viendrait de désamorcer, Nicolas explose dans la voiture! La situation avec notre hôte lui a pesé plus que je l’imaginais, mais dans le fond je le comprends. Assez vite nous longeons la mer, et l’idée de piquer une tête ne met pas longtemps à germer en nos esprits. Nous nous arrêtons, mettons notre petit maillot, et hop petit plongeon! Il nous faut néanmoins éviter les oursins qui sont omniprésents. On en profite pour envoyer une petite vidéo sur facebook, relayée par notre cher Jean Michel Tourdumonde. Les réactions sont nombreuses, notamment s’agissant de notre barbe florissante.

Nous découvrons ensuite Corinthe, et son incroyable canal profond de 50m. Nous mangeons un bout sur la plage, tranquilou. Mais au fond je sens que quelque chose ne va pas. Je l’avais perçu dès le matin sans vouloir y croire. C’était devenu plus évident sur la plage, mais il me fallait l’accepter. Cette saleté tournait autour de moi, distillant son venin, pas à pas, s’installant en moi à mon insu. Je luttais, mais c’était inéluctable, je ne pourrais m’en défaire, j’étais piégé, fait comme un rat. D’abord au fond du ventre, dissimulé, puis c’est monté à la gorge. Le soir, alors que nous mangions face à l’horizon figée, dérangée seulement par la cadence de l’écume, cette saloperie m’était montée aux yeux. J’avais le spleen.

C’est pas le moment. Je suis au paradis. C’est comme chopper la grippe en été. C’est absurde. Mais je dois me rendre à l’évidence. Les paysages glissent sur moi à l’instant, je n’ai aucune émotion. Je l’ai devant les yeux, mais le Cosmos est loin de moi, je suis plongé dans mes pensées. En vrac me sautent à l’esprit ma famille, mes amis, mes passions, mes habitudes. Toi, moi. Tout d’un coup tout se mélange. Mohammed, Mélétios, Vicenzo, Anaël. La Sicile, L’Albanie, la Grèce. Le Cosmos, Samarcande, Magellan. Mes doutes, mes certitudes, mon introspection.  Les nuits d’ivresse en auberge, celles en tente entourés par les chiens sauvages. Tout a été si vite. Où en suis-je? Pourquoi suis-je ici? Quel est le sens à tout ça? Une idée en chasse une autre, rien n’arrive à se fixer dans ma tête. Merde. Et puis le spleen se double de la culpabilité. Comment accepter d’être triste ici et maintenant? Alors que je poursuis un rêve que tant m’envient? J’ai honte de ma soudaine tristesse. C’est inextricable.

Je conclus mon journal par cette phrase: « Ce soir, je n’ai vraiment pas le moral« .

2 réflexions sur “Fuite vers le Péloponnèse

  1. Très. On ne conclusion ! D’autant plus que ce moment de doute et de spleen fait forcément partie du voyage à un moment ou un autre… il est à traverser simplement…. un gros nuage noir… puis le soleil et le sens reviennent plus forts encore. Bisous., On est très fort avec toi, Matt. ❤️💚💜

  2. Hello !
    Et bien tu es en parfaite santé mon n’veu !!! Mais que c’est agaçant de ne rien en comprendre !!! Ça vous tombe dessus et vlan !!!
    T’inquiète ! Beaucoup rencontre le spleen !! Il faut l’apprivoiser…
    Mais victime de ce spleen, tu t’interroges sans doute sur la ou les raisons profondes !!!!???? Ça c’est une autre affaire…
    Bon allez :
    Après la pluie ☔, le beau temps,,,
    Donc après le spleen, c’est………….
    ?

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