Heureux qui comme Ulysse…

5 Juin 2018, Wanaka, Nouvelle-Zélande

Après avoir voyagé deux semaines avec Mathieu, Florian et Tim dans le sud de l’île, me voilà de retour dans mon quotidien de Wanaka. À la différence que je ne travaille plus pour le foodtruck de burritos.
Dans une vingtaine de jours, je me dirigerai à l’aéroport de Christchurch pour finalement rentrer en France.
Depuis quelques jours, j’ai une boule au ventre dont j’avais du mal à expliquer l’origine. Cela fait maintenant depuis que mes amis sont partis que je n’arrive pas totalement à apprécier les moments qui me sont offerts ici, à Wanaka. Je suis sur le départ, la tête en France et plus aucuns réels enjeux ici. Je n’arrive plus à m’intéresser à de nouvelles personnes, à profiter de ceux que je connais déjà. C’est comme si ces rencontres éphémères m’apparaissent totalement vides de sens. Et la rencontre de Liam, cet australien de 25 ans qui pense principalement à faire la fête ou à draguer la première fille mignonne qui passe, n’est pas venu me contredire. Même d’Alex, mon colocataire anglais en or, que j’apprécie réellement, je m’en détourne ces temps-ci. Alors que je me sais excessif dans ce jugement et dans cette réaction, je n’arrive pas à l’envisager autrement et à prendre du recul sur la situation. Je pourrai pourtant l’envisager comme une opportunité d’avoir du temps pour tester de nouvelles choses, de lire, de planifier mon retour en France, d’envisager ce que je pourrai faire avec les personnes que j’aime cet été et de songer à mes projets futurs… Et il y en a le pire! Des projets, j’en ai plein la tête. Des envies, j’en ai plein les yeux. Des gens que j’aime, j’en ai plein le cœur.

Mais, ici, la saison d’hiver n’a pas encore effectivement démarrée à Wanaka. La station de ski ouvre dans 10 jours, la ville est calme et le rythme des réservations pour l’entreprise qui me contracte pour nettoyer les propriétés est juste au plus bas de toute l’année. Me voilà par conséquent dépourvu de tout travail depuis neufs jours. Autant dire que ça m’en laisse du temps libre dans cette Nouvelle-Zélande que je n’ai jamais réussi à envisager comme un chez-moi. Depuis six mois que je suis arrivé, ce sentiment d’être étranger me suit et malgré tous mes efforts ne m’a pas lâché. Que ce soit avec les locaux qui ne sont pas méchants mais avec qui je n’ai pas plus d’affinités que ça ou que ce soit avec les autres étrangers, comme moi, voyageant ou résidant même de manière plus permanente, je me dois de constater qu’aucun lien fort ne s’est créé ici, à quelques rares exceptions près. Et je ne peux m’empêcher de m’interroger en le comparant à toutes les rencontres fortes que j’ai fait avec Mathieu pendant le voyage avant d’arriver aux antipodes de la France. Que s’est-il passé entre temps?!

Pour autant, je tente de faire la part des choses, je sais que ça n’est pas du fait que des autres ou de la culture dans laquelle j’ai atterri mais que j’ai clairement ma part de responsabilité dans cet échec. Après un an et demi de voyage continu, il m’apparaît évident que j’ai atteint ma limite. Ça y est pour la première fois de ma vie, j’ai le mal du pays.

Papa, maman, mes soeurs, mamie, ma famille, mes amis, il est temps pour moi de rentrer!

5 réflexions sur “Heureux qui comme Ulysse…

  1. Alors il est temps de revenir « chez toi », gardant au fond du cœur toutes ces merveilleuses rencontres et cette expérience unique. …. un tps pour chaque chose !
    Bienvenue chez toi 🙂 ❤

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