Le Joueur d’Échecs, Stefan Zweig

Voilà une lecture qui s’achève en une soirée ou une après-midi. La mienne fut à 3200m d’altitude, blotti dans deux bonnes couettes bien épaisses, fatigué par une ascension de 1200m et par les seize jours précédents de marche autour des Annapurnas. Franck dormait à poings fermés et Mathieu regardait un film en chien de fusil. À quelques pages de la fin du livre, le sommeil a gagné la partie. L’occasion, pour moi, de terminer la nouvelle dans le sanctuaire de l’Annapurna (4130 mètres), de bon matin, entouré de sommets plus hauts les uns que les autres. Machha Puchhre (6993 mètres) face à moi avec sa forme de queue de poisson, Annapurna Sud (7219 mètres) sur mon flanc droit et le célèbre Annapurna (8091 mètres), dominant la zone, derrière moi.

Du milieu des montagnes, la lecture du Joueur d’Échecs m’embarquait sur un bateau avec cap pour Buenos Aires. Le navire transporte de nombreux distingués voyageurs en provenance de New York et la rumeur court déjà, Mirko Czentovic, le jeune champion du monde en titre d’échecs, serait à bord. Le riche et passionné McConnor s’offre une partie face au champion et tous les amateurs d’échecs à bord se retrouvent dans le fumoir du bateau pour assister au match. Alors que Mc Connor s’apprête à faire le coup qui offrirait la victoire à Czentovic, un mystérieux «Me B» sort de sa réserve pour l’en empêcher. Il finira la partie en accrochant le match nul. Le lendemain, intrigué par cet inconnu, Czentovic l’affrontera. «Me B» créé l’euphorie chez ses nouveaux amis en l’emportant sur le champion! D’où lui vient ce talent, lui qui prétend ne pas avoir touché un plateau à damiers depuis plus de vingt ans? Et quels terrifiants souvenirs assombrissent cette victoire?
Son témoignage est une effrayante illustration du raffinement de la barbarie nazie.

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