Népal: Le Tour des Annapurna Partie 3



Jour 13: Larjung (2500m) – (1500m) // 22km D+100 D-1100

On se régale au petit dej, ça devient une habitude. Le soir d’ailleurs je m’endors en rêvant au porridge du lendemain! Nous partons tout les 3. Franck est devenu vraiment un ami, il se fond parfaitement avec nous si bien que personne ne peut se rendre compte qu’il n’a pas fait tout le voyage avec nous. Rarement avons nous rencontré de voyageurs comme ça. Il analyse tout avec son œil de marketeur et a toujours une connerie à dire. Sur que le trek n’aurait pas été aussi bien sans lui.

Pas grand chose à signaler sur la rando ce jour. La fatigue s’installe durablement, parfois nous avons l’impression que le plus beau est derrière nous… Le plaisir est toujours là, mais plus la surprise. A midi on mange… devinez quoi? un dal bhat. On commence à avoir fait le tour des menus, nous sommes désormais des critiques gastronomiques expert en dal bhat: riz trop cuit, soupe de lentille insipide, léger gout de terre, curry de légume fondant, pickles pimentés délicieux, chacun y va de son petit commentaire. On échafaude des classements du meilleurs dal bhat, du meilleurs burger végétarien…

Ce soir on s’arrête à Kopchepani. Il n’y a qu’une guest house. C’est surréaliste, plein d’enfants des poules des bufflonnes, le tout mélangé dans un ensemble bizarre. La grand mère puis les enfants nous proposent d’acheter du shit, puis le père de famille complètement bourré vient se coller à coté de nous pour nous regarder jouer aux cartes. Il y a une ambiance vraiment bizarre, on demande la lumière dans la salle à manger, ils vont chercher une ampoule d’une autre pièce. Le père ivre nous demande des médicaments pour sa cheville qu’il a semble t’il cassé il y a quelques temps. Il y a une unique sortie d’eau, il faut pousser les chèvres pour aller se brosser les dents. Dans la chambre tout est moisi. En vérité nous on s’en fou, surtout avec Nico on a l’habitude. Mais je pense à maman, haha j’aurai voulu te voir la 5 minutes juste pour rigoler! C’était clairement la pire guest house du trek, mais ça reste un souvenir rigolo!

Jour 14: Kochepani (1500m) – Shikha (1900m) // 18km D+1000 D-600m

On a bien dormi malgré tout. Dans la nuit il me semble bien avoir entendu des rats, et je crois, ils étaient vraiment pas loin de Franck. J’apprendrai par la suite qu’il ne s’agissait pas de rats, mais de la façon particulière de ronfler de Franck! Au petit dej, je teste le porridge de maïs! Pas mauvais. Le père vient nous voir complètement bourré puis il va couper son bois avec une hache, il fait peur! On se barre vite!!

Une longue descente nous attends. Bientôt nous retrouvons des paysages tropicaux, tels que ceux vus les deux premiers jours. Il y a toujours ces champs de blé en étage vraiment fantastiques. Nous croisons une cascade splendide, la plus belle depuis le début. A midi nous mangeons à Taopani, village assez grand. nous y testons le meilleurs veg burger du voyage, classé numéro 1 directement! Affamés et désormais obsédés par la bouffe nous faisons le tour des supérettes pour acquérir plein de snacks au prix le moins cher possible. Le plus amusant, c’est que nous nous sommes découvert un amour pour des gaufrettes locales, appellées twinkle, coûtant en principe 5 roupies (soit 4 centimes d’euro). Il en existe d’autres, les chocobar ou encore les chocofun. On est vraiment fous de ces trucs, mais on tiens a les payer le bon prix soit 5 roupies. Il faut voir la tête que les vendeurs font quand on refuse de leur acheter leur gaufrette 10 roupies, on passe vraiment pour des radins!

Il nous reste une sacrée monté à faire, 900m de D+. La fatigue est de plus en plus forte et s’accumule, c’est vraiment dur. Cela dit la récompense nous attends tout au bout, une magnifique guest house avec terrasse en roof top. Le repas y sera excellent, nous y découvrirons le snickers roll (un snickers fondu dans une crêpe…. yummy!!!), et nous y passerons une superbe nuit. Si nous avions le temps nous resterions ici une nuit de plus

Jour 15: Shikha (1900m) – Deurali (3100m) // 17 km D+1700m D-500

Le petit dej, face au montagne, sur le roof top…  Quel bonheur!! J’observe nos hotes, les filles préparent les légumes en regardant un concert de Justin Bieber sur la tablette, le père fait la comptabilité, la mère prépare de l’alcool de tsampa dans une grande marmite. Collusion de rites ancestraux et de modernité occidentale. Nous filons vers Gorepani et commandons un dal bhat. Le temps qu’il arrive Franck et moi faisons la lessive a la fontaine. Nous irons ensuite faire une ascension vers Poon Hill et repasserons par la, le linge sera sans doute sec.

Ce sera le meilleurs Dal bhat du circuit, pour le gout déjà, les quantités, mais aussi il faut le dire la vue magnifique. On commande de l’eau chaude et l’on se fait du café avec des sachets que je gardais depuis le Sri Lanka. On y plonge des Oreo, enfin pas Nico qui est contre le trempage de biscuit en boisson chaude. (Il s’agit la d’un de nos plus profond clivage). A peine digérés, nous attaquons Poon Hill. Nico n ‘est pas en forme aujourd’hui, mais devant le spectacle auquel nous assistons il reprend du poil de la bête. La haut vue à 360 sur les Annapurna ainsi que le Dhaulagiri. On s’autorise une petite sieste. Franck se rend compte qu’il a perdu ses lunettes, il est deg. On ne les retrouvera pas.

Nous partons vers Deurali, il y a la bas un point de vue comme Poon hill mais moins touristique, nous voulons y faire le lever de soleil. Le chemin pour Deurali, sur la crête, est l’un des plus beau que l’on ai fait depuis le début, si ce n’est le plus beau. Aucun mot ne saurait décrire ce que nous avons ressenti. Le soir a Deurali je négocie la chambre et le thé gratuit, le fluide revient! Un bon curry et au lit, demain on se lève tôt!

Jour 16: Deurali (3100m) to Chhomrong (2200m) // 16km D+700 D-1600

Un petit réveil a 5h30 et hop on est parti pour voir le lever de soleil. On suit Franck qui semble assez sur de lui sur l’itinéraire… jusqu’au moment ou l’on voit au loin et tout à fait à l’opposé les deux anglaises de notre auberge! Un petit demi-tour et une petite cote plus tard, nous voilà en haut du pigeonnier à admirer le lever de soleil. Sur notre gauche, le splendide Daulaghiri, en face les Annapurna. Une fois de plus il semble qu’aucun mot ne puisse réellement exprimer l’émotion ressentie. Pour l’occasion Franck sort un petit trésor de sa poche, qu’il garde précieusement depuis longtemps et ne sort que pour les grandes occasions: un paquet d’Oreo. Ici ils sont rares et chers, d’où l’immense importance qui leur est apportés. Les biscuits sont partagés entre les anglaises, leur guide et nous. Un grand moment de partage. Franck nous annonce qu’il ne lui reste plus qu’un seul paquet d’Oreo, et qu’il ne le sortira que quand nous serons à l’Annapurna Base Camp! Ce sera l’apothéose du trek.

On redescend 1 heure après pour prendre le petit dej. Nous sommes de plus en plus obsédés par les repas, il semble que nous ayons sans cesse faim! Le soleil se lève sur la terrasse, et c’est les yeux mi-clos que nous dégustons nos toast. Ils sont badigeonnés d’huile de coco, c’est trop bon. Nous voilà fin prêt pour attaquer la journée, qui s’annonce facile, le dénivelé du départ et de l’arrivée étant similaire. Cependant, comme d’habitude, c’est une erreur car le chemin fait des +400m -400m si bien que la journée est aussi dure que les autres.

Comme d’habitude nous faisons une pose déjeuner pour manger… un dal bhat! On a connu mieux mais ça passe. Il y a la une immense balançoire, les enfants y grimpent sans peur c’est effrayant! Nous faisons une petite sieste, la fatigue accumulée pèse de plus en plus sur nos épaules. Il nous est vraiment difficile de repartir. En chemin on sympathise avec des porteurs, ce sont a eux que l’on doit nos repas dans les refuges. Ils portent leur sac grâces a une anse qu’ils tiennent par le front. Ça doit faire mal au cou! Nico essaye même de porter l’un des panier, c’est pas évident.

Le soir, épuisés, nous arrivons à Chhomrong, village magnifique posé sur une pente face aux Annapurna. On cherche une bonne guest house, mais partout ils nous demandent de payer pour la chambre… C’est de plus en plus dur de négocier, on est si fatigués! La tentation est forte d’accepter de payer les 80ct d’euros réclamés pour poser les sacs et prendre une bonne douche. Nous repérons vite qu’il y a une boulangerie ici, cela fait si longtemps que nous n’en avons pas vu! Le soir, c’est burger végétarien pour tout le monde. On se fait tout un plaisir a l’idée de ce burger, si bien que, lorsqu’il arrive sur la table, notre déception est immense! Il s’agit de pain de mie, même pas toasté! Nous sommes si déçus, qu’un groupe de Japonais juste a coté attrape un fou rire rien qu’en voyant nos tronches!

Jour 17: Chhomrong (2200m) – Deurali 2 (3200m) // 16km D+1600 D-600

Les réveils sont de plus en plus douloureux! Encore un peu, et on pourrait croire qu’on se lève pour aller au boulot! On en a plein les pattes… Mais on veut le voir l’ABC! Aujourd’hui nous devons grimper de 1200m. Dur. Nous ne partons qu’à 8h. Nous achetons du pain et des petites pâtisseries avant de démarrer. Sur le chemin nous dégotons des gâteaux aux cacahuètes, des œufs dur, et plus rare, du fromage! Il aura fallu demander plus de 10 fois, jusqu’à ce qu’une femme accepte de nous vendre un morceau qu’elle utilise d’habitude pour cuisiner. Ce matin ça attaque par une descente, longue. Nous remontons ensuite, c’est très pentu, presque deux heures de monté. Alors que nous marchons chacun de notre coté en écoutant des podcasts, nous arrivons à Bambou. Un panneau nous indique « Welcome » et précise l’altitude 2300m, soit l’altitude de notre point de départ. Nous sommes médusés, il nous reste 1200m de D+! On se mange les biscuits cacahuète, pour se redonner un peu de courage.

On rattaque, chacun trouvant dans la musique ou un podcast les ressources nécessaires a la grimpé. Nous ferons plus tard une pause a coté d’une rivière, pour faire notre pique-nique. Le fromage n’est pas top, le pain rassi et surtout les pâtisseries dures comme de la pierre! Franck est super énervé, il remet les pâtisseries dans son sac et nous dit  » Je les garde jusqu’au retour, je vais lui foutre dans la gueule au boulanger! » et bizarrement, l’idée d’imaginer Franck trimbaler des pâtisseries rassies dans son sac juste pour les balancer au boulanger me fait bien marrer.

Il semble parfois que les panneaux ne soient pas très précis, aussi nous qui n’arrivions pas à monter, voilà que l’on arrive à notre destination finale a 15h. On est trop content, et quand on est contents qu’est ce que l’on fait??? On mange des biscuits!! On décide de se partager une bière aussi. C’est cher ici, 5 euros pour 660ml. On se la divise donc en trois. Bientôt les cartes sont sorties, et le barbu commence. Or la, mes amis, est arrivés un événement magnifique, somptueux, presque aussi indescriptibles que les lever de soleils dont je vous parle. Le barbu est un jeu mêlant stratégie et hasard ou le but est d’avoir le moins de point possible. La chose la plus importante pour chaque joueur est de choisir le moment opportun de lancer sa « salade », un coup ou les point sont multipliés par 5. Chaque joueur ne peut en faire qu’une par partie. Or dans un grand moment de bravoure, notre Franckie national lance fièrement sa salade, avec la confiance qui le caractérise. Avant même de jouer la première carte, le sourire jusqu’aux oreilles, il se gausse et nous promet « la branlée ». Or voici que les cartes s’enchaînent et se déchaînent, Franckie perd bientôt son sourire, ajoute quelques erreurs, et -humiliation ultime- remporte presque tous les points de sa propre salade! C’est un déchaînement de rires et quolibets pour Nico et moi. Qui aime bien châtie bien ;). Apres ça, Franck n’est plus le même et bientôt il nous annonce être trop fatigué pour jouer. A 18h30, sérieusement? Il nous révélera par la suite qu’il s’agit la d’une stratégie, comme au tennis lorsqu’un joueur est dans une mauvaise passe, il essaye de repousser le match au lendemain. Sacré Franckie!

Jour 18: Deurali 2 (3200m) – ABC (4100m) // 12km D+1100m D-200m

Il ne nous reste plus grand chose jusqu’au Base Camp, aussi nous levons nous à 6h. Ainsi nous aurons un après midi de repos la-haut, ou nous pourrons lire, écrire, chiller tranquilou au pied de l’Annapurna. Le modeste porridge agrémenté de gâteaux secs fera l’affaire. 1 heure seulement après notre départ, nous voici au Machappure Base Camp, une seconde heure nous permet d’atteindre le splendide ABC. C’est avec émotion que nous traversons l’entrée, 18 jours que nous marchons avec cet objectif ambitieux. We did it!! Autour de nous les géants, ces montagnes titanesques, et dans nos esprit 18 jours de souvenirs magnifiques qui se bousculent.

Il est 9h, nous avons la journée pour nous. « He Frank, on l’a fait! Tu n’avais pas promis un truc…? » Demandons nous avec Nico. Franck comprends tout de suite, se lève, et part chercher ses Oreos. C’est la consécration. Or coup de théâtre, Franck revient 15 minutes après les mains vides.  » Les mecs, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai regardé partout, vidé toutes les poches, introuvables! Je comprends pas, vraiment… » Avec Nico, on le regarde incrédule, « as tu bien cherché partout? Tu les as mangé solo avoue! Tu les as peut être oublié quelque part? T’es sur que tu en avais acheté? » Mais Franck reste ferme, aucune explication rationnelle ne lui permet de comprendre. Un peu déboussolé, Franck part faire une lessive, je fais de même. L’eau gèle les mains, cependant nous avons bon espoir que le beau soleil à 4130m d’altitude puisse sécher tout ça assez vite. Nico nous regarde en se demandant d’ou nous vient cette motivation, lui est fatigué rien qu’a nous regarder. Or cher lecteur, il est temps de faire LA REVELATION du trek. Il faut vous divulguer ce que personne ne sait a part Nico et moi. Le fameux paquet d’Oreo… avait été laissé sans surveillance par notre cher ami de l’île de Ré. L’occasion était trop belle, il me suffit d’un instant pour en prendre possession et le glisser dans mon sac! Conservé précieusement depuis des jours, voila que mon piège pouvait se mettre en place. Alors que Franck était occupé à étendre son linge, je glissais le paquet dans le sac de Franck, ni vu ni connu. Bientôt nous nous retrouvons tous les 3, et après avoir longuement insisté, nous convainquons Franck d’aller faire une dernière vérification dans son sac. Vous auriez du voir sa tete lorsqu’il est revenu avec le paquet entre les mains, Priceless! Comme dit Fouad, il n’a rien compris! Et le plus fou dans tout ça, c’est qu’il n’a jamais imaginé que ça puisse être nous (jusqu’à la lecture de ces lignes) ! Franck on t’aime hein!

Bon toute cette histoire se termine par une dégustation d’Oreos, 4 chacun, personne ne triche! Ainsi qu’un daal bhat au pied des Annapurna. C’est classique mais si bon. Apres midi sieste, lecture, chill. Tout est mieux quand c’est fait au pied des Annapurna. Les aventures de Franck ne s’arrêtent pas ici. Le ciel se couvre et nous voila bientôt dans le brouillard le plus total. Franck, dégoutté, décide de rentrer tout son linge, encore humide. Or sans faire gaffe – il faut dire que nous sommes vraiment crevés et toutes nos décisions ne sont pas toujours les plus rationnelles- il pose tout son linge sur son lit. Résultat: le soir sont lit est mouillé et, pire, tout son linge savamment lavé à l’eau gelée, sent super mauvais! Les boules.

Le soir super ambiance aux Base Camp. Nous sommes affamés. Le repas vite englouti, nous voilà en train de demander au Malaisien à coté qui semble repu s’il « va finir sa pizza ». Nous n’avons plus de limite haha! Il y a en bout de table une famille vivant a la Réunion, on sympathise et ils nous offre l’un des plus beau cadeau du voyage: un verre à shooter de Rhum réunionnais! Le père a amené une fiole qu’il s’était promis de n’ouvrir qu’au base camp. Comme pour les oreos, le partage équitable est de rigueur. Je trempe les lèvres, ferme les yeux, et profite de chacun des arômes, du sucre sur mes lèvres jusqu’à la chaleur dans mon estomac en passant par toutes les saveurs explosants sur mes papilles. Je suis propulsé en un instant sur cette île magnifique que je n’ai jamais vue mais dont je rêve tant. C’est à Nico de tremper les lèvres, je lui tend l’invitation au voyage, il se régale à son tour. Le breuvage fera plusieurs tours, et chaque fois il sera tendu avec une légère nervosité: ne surtout pas le renverser!! En fin de soirée (enfin à 21h), des Russes nous offrirons des chocolats et du Cognac. Quelle soirée!

Jour 19: ABC (4100m) – Chhomrong (2200m)  // 28km D+800 D-2700

Des que l’on dépasse les 4000m, les nuits sont difficiles. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Franck essaye en vain de trouver des vêtements qui ne puent pas, il est temps que le trek se termine ! Comme c’est cher, on ne prend qu’un porridge. Pour nous le trek est fini, enfin on a atteint notre objectif… Mais il reste encore 3 jours de marche pour arriver a Pokhara! Alors il faut trouver de nouvelles motivations. Il est 7h, on démarre en se promettant des biscuit cacahuètes en bas. Du coup on avale 2000m de D- à fond. Nous faisons la pause daal baht à midi, celui-ci est décevant mais quelque chose nous amuse: lorsque l’on fini notre assiette, la cuisinière nous demande si nous voulons quelque chose d’autre. Les gens qui ignorent que le dal baht est resservi gratuitement pourraient croire que c’est payant et ne rien demander, mais nous on ne nous la fait pas: oui on reveut de tout!

Apres avoir littéralement dégommé le paquet de biscuit cacahuètes, nous arrivons a Chomrong a 15h30. Nous négocions la chambre gratuite, « mais ne dites rien aux autres, ils payent leur chambre eux » « Oui oui on a l’habitude! ». Nous rencontrons un couple d’anglais super sympas. Ils font eux même un grand voyage. Ils ont passé un mois sur une île à bosser pour une asso de protection de la vie marine. Cela leur a permis de faire 2 plongés par jours pendant 1 mois à moindre frais. Plus on voyage, plus nos perspectives s’ouvrent avec Nico. Le soir on se rêve un snicker roll, notre dessert favori. Mais on veut vraiment une crêpe, pas un truc frit, alors on va donner nos explications au cuistot… Le résultat est … bizarre mais bon! En tout cas on s’est bien marrés!

Jour 20: Chhomrong (2200m) – Dhampus (1600m) // 22km D+500m D-1100m 

Nous prenons le petit dej avec notre couple d’amis. Départ 8h, plutôt tranquille. Sur la descente, nous trouvons des bananes, cela fait si longtemps! Quel plaisir! On se fait bien sur un daal bhat, puis sur la suite du chemin on se prends pour la première fois la pluie. Suffisant pour quelques glissades incontrôlées. A 17h nous arrivons à Dhampus, village accessible en voiture. Nous ne sommes plus qu’a 24 km de Pokhara, la fin est proche!!

Nous trouvons une auberge vraiment étrange, il y a la un groupe d’Ukrainiens et de Lituaniens venus pour faire du Land Art… Il faut les voir en train de faire des structures de feuilles et de branches avec concentration pour un résultat… Curieux! Avec Nico et Franck on regarde ça perplexe… Pourquoi pas… L’auberge est tenue par un Bouddhiste, très sympa jusqu’au moment ou il se lance dans un discours islamophobe. Les terroristes ne sont que musulmans dit-il, or quand on lui parle de la Birmanie, il semble avoir plein d’arguments pour défendre les exactions bouddhistes. Bref peu nous importe, je lui dit que nous en avons marre des trucs a manger classiques, ils nous propose des Thukpas (soupe de pâtes Tibétaine) dont il nous dit le plus grand bien. Et en effet nous ne serons pas déçus, le bol est immense et copieusement rempli!

Alors que nous quittons la table, une splendide jeune demoiselle rentre dans la pièce. Franck et Nico on à peine le temps de réaliser son entrée qu’elle me regarder avec un grand sourire et vient me saluer. Ils sont pour le moins circonspects! C’est l’un des deux beaux sourires rencontrés au début du trek, Elize la belge. Disons le franchement, elle ne me porte aucun intérêt particulier je le sais, son sourire n’est due qu’à la surprise de me revoir à la fin du trek. Mais c’est trop amusant de voir les tronches de Franck et Nico. Nico aime à penser que je suis un fourbe et que, lorsqu’il s’agit de mes relations avec les filles, j’agis très discrètement, Je lui donne en cette occasion du grain à moudre. Le soir Franck et Nico s’essayent à la préparation de sandwich avec plus ou moins de succès, on rigole bien dans tous les cas.

Jour 21: arrivée Dhampus (1600m) – Phokara (800m) // 24km D+200 D-1000.

C’est le dernier jour. On s’offre même le luxe de se perdre. En descendant sur Pokhara, nous voyons de plus en plus de parapentes, cela donne envie. A la moitie du chemin, nous tombons sur une route, nous achetons alors pleins de trucs à grignoter, on dirait des lions affamés lâchés dans un poulailler! C’est un festival de twinkles! Nous croisons un serpent, comme au premier jour. La boucle est bouclée.

Pour fêter notre arrivée, nous prenons un verre au bord du lac de Pokhara. Le soleil se couche, c’est beau. Et c’est avec l’impression du devoir accompli que nous trinquons: santé les copains!!

Jour 22: Phokara – Lune

Nous venons de boucler 422km en 21 jours. Nous n’avons d’autres motivations que celle du repos en cette journée à Phokara. Nous avons des images plein la tete, nous sommes si heureux aussi d’avoir rencontré autant de gens passionnants. La sociologie des touristes change beaucoup en fonction des lieux, ici au Népal, j’ai vraiment rencontré les touristes qui me correspondent le plus. 

En cherchant un bar où se poser, on tombe sur un bar tenu par des français ou ils proposent des crêpes! Il y a un Risk, nous démarrons une partie dantesque! Nico profite de la guerre entre Franck et moi pour obtenir la victoire. Lors d’une pause, je vais faire connaissance avec un couple, lui est français, elle est Suisse… Au bout d’un quart d’heure, je leur demande: « vous n’étiez pas a Katmandou il y a 3 semaines? » c’est le couple que j’avais rencontré à l’auberge! Incroyable! Et eux aussi seront dans l’avion pour Bangkok, quel hasard!

Pour conclure tout ça, nous commandons un lassi aux herbes magiques. Celui-ci aura un effet inédit sur moi, et j’aurai comme souvent pendant ce trek, une crise de fou rire à m’en faire souffrir les abdos!

10 réflexions sur “Népal: Le Tour des Annapurna Partie 3

  1. La partie 3 est aussi belle que la partie 1 et 2. Bravo à l’écrivain et au photographe. On a envie de rencontrer tout ceux qui ont croisé votre chemin.
    A très vite j’espère pour vos aventures chez les kiwi.

  2. Bien prise ces derniers jours j’avais du retard à rattraper ! Et je commence à reculons par l’étape 3 !!!! Quel merveilleux trek, et l’Annapurna me fait bien rêver. Quelle aventure ! Chapezau bas, messieurs ! Je vous promets un paquet d’Oreos à votre retour en France pour fêter tout ça .

  3. Merci Mathieu : j’ai fait le voyage à travers tes récits et tes photos ; il me manque sûrement plein de choses (odeurs, sensations…) mais tu les as si bien rendues que j’ai eu l’impression d’y être !

    1. Coucou!! Les photos sont de Nicolas pour la plupart, on marche en tandem 😉. Merci pour ton message, c’est ce qui me pousse à continuer à ecrire! 😘

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