L’erreur fatale

Il nous faudra du temps pour digérer cette magnifique rencontre. Des centaines de pensées contradictoires circulent dans nos esprits, et ni Nico ni moi ne parvenons a avoir les idées vraiment claires sur le sujet. Comment retranscrire une si folle rencontre? (Voir épisode précédent Meletios)

Pour nous remettre, nous prenons quelques jours de retraite dans la campagne. Nous dormons 3 jours de suite en camping sauvage, dans des lieux de plus en plus sympa. 

Nous nous préparons des petites salades grecques, escaladons beaucoup, et le soir venu nous abandonnons a la lecture ou à un film. Le matin, je suis très fier de faire mes premiers cacas nature! Je les dédicace bien sur a mon ami Aurélien, qui m’en avait appris la science! J’apprends les bases de l’escalade, grâce a la patience sans faille de Nico. C’est difficile pour moi de distinguer le plaisir du vertige, l’envie de faire plaisir a Nico et celle de dépasser mes peurs. Le troisième jour, nous tombons sur le spot idéal : Mouzaki. Sur la falaise il y a de nombreuses voies, bien équipées, a son pied se trouve un foyer pour le feu et 10 mètres plus loin un refuge! Nous passerons ici une de nos meilleurs soirées, assistant a un levé de lune sous le crépitement du feu.

 La nuit sera courte néanmoins, la poussière m’ayant empêché de dormir.

C’est donc exténués que nous arrivons dans un hôtel de la banlieue de Lamia. Il y a la plein d’hôtels vides, aussi nous faisons jouer la concurrence. Nous voilà d’accord avec une vieille dame: 30euros pour une chambre double et un petit dej. Elle nous parle sans cesse et nous ne comprenons rien. Nico, fidèle a lui même, se démène et reussi à comprendre qu’un certain Iliasse va venir avec une boisson, peut être un café. Je reste pour ma part prostré, n’ayant que mon matelas en ligne de mire. Iliasse arrive en effet. C’est le fils de la vieille dame, il a 50 ans, et est prof de théologie. Il est aussi proviseur, et gérant de l’hôtel… la crise n’épargne personne ici. Lorsque je sors de ma torpeur, je m’apercois qu’Iliasse n’est pas venu seul… Il a amene avec lui une bouteille remplie d’un liquide transparent. Il sert 3 shooters et, avant même que je puisse dire quoi que ce soit, il me regarde avec un grand sourire en me disant « raki, raki ». Dans un moment de bravoure, de fraternité interculturelle, je bois le breuvage cul sec. Le raki me brûle la gorge puis les boyaux, mes cheveux frisent, mes sourcils tombent, des larmes se mettent a couler de mes yeux! Dans mon élan, je fais une impardonnable erreur, je m’avance, prêt, dans un ultime effort, a reposer mon verre sur la table… Celui ci n’a même pas le temps de l’effleurer qu’il est a nouveau rempli par notre hôte! Me voila obligé de retenter l’expérience!

Sans blaguer, cette scène est le reflet de l’hospitalité sans faille des Grecs. Nous passerons une super soirée ici a l’hôtel avant de nous regaler d’un succulant petit déjeuner. Ce sera alors l’occasion de rencontrer un couple, Greco-Cubain, et leur petite princesse. Ce sont de grands voyageurs, et a nouveau leurs conseils sont inestimables.

3 réflexions sur “L’erreur fatale

  1. J’ai moi aussi aimé la gentillesse des grecs. Ils ont un pays magnifique et malheureusement la crise financière en a laissé plus d’un sur le carreau !
    Je confirme que le raki est traitre ! Les grecs disent plutôt Ouzo mais le résultat est le même 🙂

  2. magnifique lever de lune…. .
    Et bon courage pour le Raki…. toujours en laisser un peu au fond pour ne pas être reservi ! 🙂

  3. Hello !
    Ha ben moi… Jamais goûté au ouzo ouzo…..
    Et connais pas la Grèce…… Juste un peu leur mythologie… !!

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