Népal: Le Tour des Annapurna Partie 2

Jour 4: Chame (2600m) to Ghyaru (3300m) // 20km D+1100 D-400
Ce matin, nous démarrons par un super petit dej. Celui-ci doit toujours se commander la veille. Le top c’est d’avoir un truc qui tient au corps (muesli, oat/tsampa/corn porridge) et des œufs. Parfois on a même des toasts, mais c’est rare. Il faut dire aussi que, plus l’altitude est haute, plus les prix grimpent. Lorsqu’il n’y a plus de route, les vivres sont transportés par des porteurs. Une omelette à 40 centimes à Pokhara coûte 1 euro en bas du trek, et 3 euros au top.

Chame étant relativement grand, il y a beaucoup de monde au départ. Du coup on cartonne jusqu’à Upper Pisang. Sur le chemin, je croise la jeune fille de Pokhara. Elle a trouvé 3 autres filles avec qui faire le trek. Nous discutons 5 minutes. Lorsqu’elle sourit, son visage s’illumine et vient faire concurrence à la majesté des montagnes. Je repars sans connaître ni son nom, ni son histoire. C’est amusant.

Nico et moi faisons un break, l’occasion non de manger mais déguster un « crunchy kitkat ». La nourriture n’a pas la même valeur ici qu’ailleurs, chaque bouché est un plaisir incroyable! Pendant que nous mangeons, je vois au loin un groupe de français, notamment un mec avec un tee-shirt jaune et un béret, il a l’air super cool! Peut-être les croiserons nous plus tard?

A Upper Pisang nous commençons à envisager de manger, lorsque tout d’un coup un bruit lointain mais fracassant se fait entendre: il y a une avalanche sur l’Annapurna IV!!! Ce phénomène déclenche en nous une vive et intense émotion, nous rappelant celle ressentie face à l’Etna en éruption. Pour fêter ça on se fait un dal bhat avec un groupe rencontré là, 1 finlandais, 2 allemand(e)s, une italienne et un toulousain. Ils sont cools mais pas assez sympas pour qu’on se décide à rester avec eux. En partant on prend un chemin de traverse et tombons  au plein milieu d’un champ de weed!! Il y en a partout ici.

Nous poursuivons la balade, puis je remarque un village super haut. Je dis a Nico, « t’as vu le village là-haut, t’imagines que ya des gens qui vont là-bas hahaha ». Nico regarde sur le GPS et m’annonce, « bah c’est la qu’on doit aller!!! » Nous voila donc en pleine digestion de dal bhat à devoir attaquer une violente monté, en plein cagnard. Un bon 400m de dénivelé avec un sacré pourcentage. Au milieu je vois un mec, la soixantaine qui semble à l’arrêt. Je remarque que ses gourdes sont vides aussi vais-je l’aborder, lui demander si tout va bien. Un dialogue en anglais s’installe, Nico prenant  le relais. Il est venu seul, mais a rencontré un groupe de français très sympas, qui l’attendent en haut. Il habite au Cambodge mais est français. Il n’a pas l’habitude de faire du sport, c’est un défi  pour lui. Il boit beaucoup de gingembre pour s’hydrater. Subitement Nico réalise: « But if you are french, we could speak in french? » « Bah oui pourquoi pas! »

Nous trouvons donc le groupe de français un peu plus haut. Il y a Julie, une roots au regard perçant, elle nous invite immédiatement à boire un thé au gingembre. La dame ici et est trop adorable nous dit-elle, et la vue est magnifique. Elle respire la joie de vivre, son sourire est omniprésent. En un instant elle nous intègre dans le groupe, comme si nous y étions depuis des jours. Il y a également Tristan, le fameux mec au tee-shirt jaune et au béret, qui s’avère être  effectivement un mec extra, ainsi que Martina sa chérie italienne non moins adorable. Deux visages connus sont la également, Santiago le Colombien solitaire du premier jour ainsi que Frank, la fusée qui nous a humilié le deuxième jour. On se sent bien avec eux, du coup on décide de rester à la même guest house. Comme d’hab Nico et moi n’avons même pas besoin d’en parler, on est sur la même  longueur d’onde.

La guest house est rustique, douche au bucket, pas d’électricité dans les chambres, mais nous avons une vue imprenable sur l’Annapurna II.  Nous y passerons une super soirée et décidons de nous lever pour le lever de soleil. Frank est bien plus sympa que le 2eme jour, il nous fait bien marrer. Julie est pleine de joie, Louis plein d’anecdotes… Et que dire de Tristan et Martina qui voyagent depuis 7ans? Non seulement ils sont passionnants par leur récits de voyage, mais ils sont également trop marrants à observer lorsqu’ils s’engueulent (gentiment). Il faut dire que Tristan est légèrement tête en l’air, et ce jour là il avait perdu le sac avec toutes les chaussettes de Marty! Et le soir, alors qu’il avait la flemme d’aller à la douche, quelle crise de fou rire à entendre Marty avec son accent Italien lui lancer: « Tristan tu prends la douche, tu piu! »

Jour 5: Gyaru (3300m) to Bhakra (3500m) // 28km D+1600 D-1400

Réveil ⏰ 5h pour voir le levé de soleil sur l’Annapurna II. Au retour petit dej royal à base de porridge de tsampa et de pancakes.

Louis, ayant un rythme plus lent, part devant. On achète des samosas à 50 roupies (40cts) et des tartes aux pommes à  100. Trop bon. Balade magique en flanc de falaise. C’est dur pour Martina quand ça grimpe fort. Elle a mal a la tête et est hypocondriaque du coup elle a peur d’avoir le mal des montagnes. Tristan lui a oublié sa montre, c’est un peu l’engueulade! On hésite entre la route et le chemin, Franck prononce alors sa phrase magique : « La vie est risque ou abstinence ». Le chemin en flanc de falaise est magnifique mais super dur, au moins 400m de D+. On imagine la crise de couple derrière! Tristan nous rejoins au sommet puis part devant avec Martina. Elle a, nous dit-il, le moral dans les chaussettes. Et des chaussettes elle n’en a plus depuis que Tristan les a perdu, pour vous dire! Quand à notre tour nous partons, je découvre un appareil photo sur mon sac. « Tiens Nico, ton appareil », « Bah ce n’est pas mon appareil, le mien est dans mon sac. » « Ne me dis pas que c’est Tristan qui a oublié le sien!! » Et voila que je vois au loin Tristan revenir en courant  » Ehhh les mecs, j’ai oublié mon appareil!!! » Quelle crise de fou rire. Notre pauvre Tristan est aussi génial que tête en l ‘air!

Avec Nico Frank et Julie on rêve de trouver de nouveaux samosas. Car ceux de ce matin sont déjà mangés et digérés… On envisage même de créer un business, à ce prix là, les samosas on peut les vendre par dizaines! On se venge sur un dal bhat à Barka, que l’on attend plus d’1 heure à nouveau. Nous voulions visiter les grottes non loin (Milarepa Caves), mais après le repas il est 15h et je suis le seul a être  motivé…  » Les mecs, la vie c’est risque ou abstinence ?? ». Finalement Nico et Frank se chauffent et nous partons au pas de course. Nous n’avons jamais fait une ascension aussi vite, il faut dire que les sacs sont à  l’auberge et que la nuit menace notre expédition. Les grottes sont  pour le moins décevantes, le lieu n’a aucun intérêt autre que religieux. Nous ne sommes néanmoins pas loin du glacier de l’Annapurna, aussi décidons nous de continuer l’ascension. Tout en haut je partage un kitkat et un bounty que j’avais caché… Chaque bouché  est une jouissance indescriptible! Nous sommes presque a 4800m! Menacés par la nuit, nous redescendons en courant comme dans un trail. Nous arrivons alors qu’il fait nuit. Julie nous a commandé des burgers végétariens, quel bonheur, seulement quelques minutes après notre arrivée nous sommes servis! 

Jour 6: Bhakra (3500m) – Ice lake (4600m) – Bhakra (3500m) // 15km D+1700m D-1700m

Ouuuuu  le réveil est difficile ce matin. On a vraiment forcés hier! Allez un petit porridge de tsampa et on attaque notre second sides trek, l’Ice Lake 4600 m de haut. Bizarrement je suis super en forme, j’attaque la monté à fond, je ne ressens pas la fatigue. Nous croisons le groupe avec qui nous avions déjeuné la veille, le Toulousain est fan de trail! A 10h30 nous tombons sur un lac moche et tout petit, quelle déception!! Mais non, le vrai Ice lake est 100 metres plus loin, ouf! Par contre il n’est pas glacé du tout. On partage tous nos gâteaux, quel plaisir d’être dans un groupe! On est comme en famille. Certains font une sieste, tandis que Franck et moi décidons de monter plus haut. « La vie est risque ou abstinence? » Pas de chemin mais peu importe. Nous montons presque a 5000 metres. Honnêtement c’est un peu dangereux, mais ça vaut le coup, en haut une vue a 360 degrés nous attends. Le GPS nous indique 4900m, on a dépassé le Mont Blanc! La descente est très pentue, cela dit des buissons nous servent d’appui, si bien que ce n’est pas glissant. On descend en courant à nouveau, comme guidés par le délicieux fumet d’un dal bhat: nous sommes affamés. Arrivés a Bhakra, on est cuit de chez cuit, on vient de se faire  presque 1500 de D+ puis de D- deux jours de suite. Cet aprem c’est repos, nous allons juste à Manang faire des courses. Quelle bonne idée, nous y trouvons des sneakers à 90 roupies (ils sont partout entre 120 et 150!) nous achetons également des vitamines. L’eau commençant à coûter cher, nous utilisons des tablettes micro-pur pour purifier l’eau du robinet, cela donne à l’eau un gout de piscine, les vitamines donnerons un meilleurs gout se dit-on. Le petit groupe s’arrête aussi dans une boulangerie, la première du trek, nous craquons pour des tartes aux pommes, gâteaux au chocolat, roulées à la cannelle ou autre brioches au chocolat. Et avec un chocolat chaud en bonus! A Manang nous retrouvons plein de gens, nous avons l’impression d’avoir pleins d’amis: L’anglais, le couple d’amis chinois et même la jolie française. Elle est accompagnée d’une belge au sourire non moins pétillant, décidément! Rentrés à l’auberge, je teste un plat typique inconnu au bataillon, le Thukpa, sorte de soupe de pâtes tirées à la main. Tres bon! En discutant, on s’aperçoit que Julie et Louis, qui se sont rencontrés pendant le trek, ainsi que Nico et moi allons tous prendre le même avion de Katmandou a Bangkok , le me jour! Incroyable non? 

Pour conclure cette superbe journée, Tristan se commande un whisky local (boisson à base de tsampa sans doute), alors Martina s’agace et lance cette phrase qui deviendra mythique:

« Tu vas niquer le budgette !!! »

Jour 7: Bhakra (3500m) au Tilicho base camp (4250m) // 19km D+1400m D-650m

Le départ est prévu à 6h mais Tristan qui a perdu sa montre n’a en conséquence plus de réveil. Cette auberge nous a fait payer les lits (1euros) du coup pas d’obligation de prendre le petit dej chez eux; nous voila donc partis pour la boulangerie de Manang! Super sympa, le soleil se lève et sont reflet nous fait coucou dans le café.

La rando vers le Tilicho Base camp est magnifique et vertigineuse. Plusieurs fois je ne peux regarder que devant de peur de chopper le vertige. Si tu tombes ici, tu dévales 400 mètres et on te ramasse façon puzzle. A 12h30 nous arrivons au base camp, c’est déjà blindé! Toutes les chambres sont prises, néanmoins Frank parti en fusée devant nous dégote un dortoir, nous y dormirons tout les 7 dans un énorme lit par terre, c’est marrant. Nous sortons le fromage de Yak et le pain acheté la veille a Manang, Julie a aussi des œufs, Nico et moi du beurre de cacahuète, Marty et Tristan du chocolat, bref on se fait un pique nique trop bon. Parfois je ferme les yeux, je sens la chaleur du soleil me caresser les paupières et je me concentre intensément sur le plaisir du gout. Au dessus de nous, sur le balcon de l’étage, deux beaux sourires nous observent, amusés et peut-être un peu jaloux: ce sont les deux jolies filles dont j’ignore encore tout.

L’après-midi chacun vaque à ses occupations. Je vais  bouquiner au soleil, tandis que les autres somnolent en écoutant Franck leur réciter des poèmes de Baudelaire. Je vois la jeune française et ces 3 amies et décide de les aborder. Elles m’invitent à jouer avec elle au Uno. La jeune française s’appelle Natasha, et n’a presque jamais habité en France. Cela m ‘amuse de répondre à certains des mystères même s’il était aussi agréable d’y répondre par l’imagination. Le deuxième beau sourire s’appelle Elize, elle est belge et s’apprête a faire Vipassana. Il semble que tout les touristes du tour soient vraiment intéressants!  Les deux autres filles sont très sympas, mais m’intéressent moins car elles gagnent au Uno, et oui je reste mauvais perdant!

Je retrouve mes amis, ou plutôt devrais-je dire la famille. Ce soir c’est l’anniversaire de Louis, 60 bougies, ça se fête! Pour l’occasion nous avons acheté a Manang une bouteille de gnôle locale. Nous trinquons en attendant le dîner, qui comme d’habitude se fait attendre longtemps. Une fois terminé, Louis et moi envisageons d’aller dormir, demain on se lève à 3h30 pour voir le lever de soleil sur le Tilicho lake. Mais voila que les autres demandent à Louis de rester pour d’obscures raisons… Il devient de plus en plus clair qu’une surprise l’attends. Je comprends peu a peu que Nico à commandé un gâteau d’anniversaire et que, bien-sur, les cuistots l’ont oublié! Nous voilà donc à nouveau en train d’attendre 1 heure! Cette situation cocasse nous amuse beaucoup, même si le temps file. Finalement le gâteau arrive, un gâteau au chocolat fait dans une poêle! Tout le restau chante happy birthday, c’est vraiment rigolo, je pense que Louis est touché. Sur le gâteau est marqué en rouge (écrit de cette manière) « Hapy Birthday ». Mais avec quoi ont-ils pu écrire ça se demande t-on, c’est marrant on dirait du ketchup. Louis goûte et nous lance rieur « Et bien c’est du ketchup!! » Quelle crise de rire. Nous dégustons le gâteau chocolat ketchup et filons au lit. Pas mauvais ce gâteau… Enfin sauf le ketchup!

Jour 8: Tilicho Base Camp (4250m) – Tilicho Lake (4919m) – Yak Karka (4000m)  // 30 km D+1500m D-1750m

La petite équipe part à 4h du mat’. Assez vite Franck Julie Nico et moi partons devant, armés de notre frontale. Nous sommes souvent gênés par des Népalais, ceux-ci viennent en Jeep pour le weekend uniquement pour faire l’ascension du Tilicho. Ils sont par conséquent moins équipés et moins entraînés que les baroudeurs européens. Pour d’obscures raisons, ils ne semblent pas trop aimer nous laisser passer, il faut parfois se montrer un peu insistant. Julie se sent de plus en plus mal, sans doute à cause de l’altitude, elle commence a m’envoyer balader… Mais j’hésite à la laisser seule, je ne sais pas vraiment quoi faire. Je retrouve le plaisir incroyable de parcourir la montagne de nuit a la frontale. Comme a la Sainte-Lyon ou au trail de Millau.

Nous arrivons en haut a 6h20, nous sommes presque les premiers. C’est très beau, ça vaut le coup, mais le levé de soleil n’est pas aussi grandiose que l’on pouvait l’imaginer. Nous allons nous réchauffer dans une cabane a coté du lac. Il y a là plein de Népalais frigorifiés, ils ne sont vraiment pas bien équipés. Nous sortons chacun quelques biscuits et surtout notre saint snickers. A ma droite un Népalais affamé lorgne sur mon snickers. Hors de question me dis-je instantanément. Mais comment profiter 100 pour 100 du snickers avec un affamé qui bave à coté! T’aurai du y penser mon vieux, désolé! Mais rien n’y fait, et la petite voix Vipassana se promène dans mon esprit « Tu prendras plus de plaisir à donner qu’a recevoir… » Je lui donne donc mon snickers. Et la, vous ne pouvez imaginer son plaisir, il y avait plus de lumière dans ses yeux en ce moment que lorsqu’il découvrit le Tilicho lake! Et le voilà qu’il s’écrit devant ses amis, « vive la France, vive le PSG!! ». 1  heure plus tard, Tristan et Martina nous rejoignent. Ça caille, alors on redescend vite.

Louis à laissé un mot, il a abandonné en chemin et est parti pour le village de Shree Karka. Nous nous accordons une sieste, puis un petit goûter (kitkat chocolat blanc) avant d’aller le rejoindre. Arrives la bas, exténués, nous ne trouvons pas de trace de Louis. Personne ne semble l’avoir vu. Bizarre. Il faut donc continuer. Bientôt nous voila à un croisement, à droite un village en bas, à gauche un village en haut. On en a plein les pattes, il est 14h, nous marchons depuis 4 h du mat’. Mais si nous cédons a la facilité de descendre, demain il faudra remonter. Nous décidons donc d’aller a gauche. Bientôt nous sommes au village, il est très sympa mais… abandonné!! Il est 15h. Que faire? Cette fois deux options, en bas toujours l’autre village à 1 heure, mais a 400m de D- à faire dans le sens inverse le lendemain. Ou alors un autre village, Yak Kharka, plus loin, à 3h de marche. Tout le monde hésite, quand soudain Marty, héroïque, lance  » Allez on continue, Yak Karkha!  » 3 heures de plus donc! Elle ne veut pas démarrer par la monté le lendemain… C’est vrai que c’est frustrant de remonter la pente de la veille.

Sieste et poèmes!

Je pars devant histoire de réserver un truc pour tout le monde. Je fonce et arrive en 2h plutôt qu’en 3. Lorsqu’il y a un croisement, je dessine une flèche avec des cailloux sur le chemin. Je réserve pour tout le monde, et trouve même une chambre double pour Marty et Tristan. Il faut dire qu’ils sont un peu moins entraînés que nous et qu’ils ont montrés beaucoup de courage les jours précédents

Le soir s’est pétage de bide collectif, les végétariens mangent des burger végétariens, tandis que les carnistes mangent des steak de yak. En dessert c’est crêpe pour tout le monde. Bien sur ils ont oubliés le burger de Nico et ma crêpe, mais qui s’en souvient désormais?

Etttt demain, c ‘est grasse mat’!!!!

Jour 9: Yak Karka (4000m) – Torung Phedi (4500m)  // 10 km D+600m D-100m

Réveil 8h. Ça reste une grasse mat’ pour moi. Je pars acheter des snacks puis vais réveiller les autres le menu à la main: « Que désirez vous pour le petit dej? ». Nous déplaçons la table dans la rue, au soleil, pour le petit dej. Il n’y a que les français pour penser a faire ça! Je pars sur un porridge aux pommes customisé: nous prenons en effet l’habitude d’y ajouter du miel, des fruits ou des gâteaux secs. Cela revient moins cher et c’est bien meilleur! Marty n’est pas en forme et Julie est malade. On a un peu forcé hier il faut dire.

Sur le chemin, nous trouvons une petite maisonnette où sont vendus du fromage de yak et des pommes. On en achète tous et, alors que nous allions partir, voilà que la petite dame sort un saladier de samosas et un autre d’œufs durs. « On achète tout! » dit-on sans hésiter, ce qui fait bien marrer la vendeuse. On s’en sort pour vraiment pas cher. Nous sommes désormais pressés d’arriver pour pouvoir manger ce que l’on a dans nos sacs, trop dur de résister! La faim est de plus en plus présente, presque obsédante.

Nous arrivons a Torung Phedi, où nous pouvons rester dormir, à moins que l’on pousse jusqu’au base camp plus haut. Mais             en entrant dans le mini village, nous sommes accueillis par un rasta sur son hamac en train d’écouter le dimanche à Bamako à fond! C’est sur, on restera ici, et ce n’est pas Julie qui dira le contraire, elle est conquise. L’esprit du trek est certes sportif mais assez baba cool, il y a des champs de weed partout, aussi est-il assez facile de se faire des sandwich. C’est devenu presque un rituel pour nous, le soir, de partager un sandwich, surtout avec la « purple » qui doit son surnom a sa couleur. Crise de fou rire assurée. On a fini par se demander s’il s’agissait vraiment du tour des Annapurnas ou plutôt de celui d’une autre montagne croisée au début, le Gangapurna.

L’ambiance ici est géniale, tout le monde s’apprête à faire le plus haut passage du monde, 5416m. Nous sortons un jeu de carte, et en discutant Tristan et moi arrivons à retrouver un jeu que nous adorons, le barbu. Franck, que nous découvrons et apprécions chaque jour un peu plus, est un excellent joueur, mais extrêmement mauvais perdant, pire que moi c’est vous dire! Franck nous met  la pâté, il fait trop le malin, j’ai l’impression de me voir, c’est affreux! Tristan lui enchaîne les coups de malchance, je le revois encore lever les yeux au ciel en jetant ses cartes et disant: « Ooohhh putain j’en ai marre!!! » . Bref on rigole toute la soirée, et votre narrateur, fidèle à sa réputation, remporte la partie sur le dernier coup! La tronche de Franck hahaha. On est vraiment tombés sur une superbe équipe.

Jour 10: Torung Phedi (4500m) – Thorong la Pass (5500m) – Muktinah (3700m) // 15km D+1100m D-1900m

Il faut partir tôt pour passer le col. Petit dej à 5h puis départ 6h. Je grimpe à fond, je me sens bien, j’écoute du Daft Punk en dansant. Je vais si vite que j’attends 1h au tea shop, je commence à avoir bien froid. Mais on se l’ai promis, on fera le col ensemble. L’arrivée est un poil difficile, le souffle est court, mais finalement tout le monde arrive sans encombre. On se fait un pique-nique a 5500 mètres! Nico va même faire un caca sauvage qui restera sans doute la pour des milliers d’années! On se paye le luxe d’une mini sieste avant de descendre.

Devant nous 1600 mètres de descente, attention les genoux. En bas nous négocions la chambre gratuite, mais Julie craque pour une auberge parce qu’elle s’appelle Bob Marley Hostel et qu’il serve du houmous. Comme quoi les affres du marketing touchent même les roots! L’auberge est sympa cela dit, c’est vrai. Sur la terrasse je discute avec deux française très cools, notamment Alice une fan de trail, on a fait la SainteLyon en même temps sans le savoir! Elle est géniale, le courant passe tout de suite. Franck nous rejoins, il sort de la douche et me dit a quel point c’était dur d’en sortir tellement l’eau était chaude. C’est vrai que les douches chaudes ici sont aussi précieuses que les sneackers. Je file me laver et bien sur il n’y a plus d’eau chaude, Franck petit enfoiré!!! haha. Chacun lance une lessive, surtout Franck qui nous disait chaque jour « demain je fais une lessive » puis abdiquais ensuite. On se partage des bières et des chips, il fait beau, les gens sont sympas, quel bonheur. Le serveur se souvient de mon nom, c’est la classe lorsqu’il me parle. Ce soir c’est dal bhat pour tout le monde. Julie trouve un trekkeur qui a de la purple, elle prépare des sandwichs pour tout le monde, puis Franck se lance dans un magnifique monologue digne des plus grands comiques de notre époque. Les mots clefs sont « portes » « yoga » « trou du c** » et nous rions tellement que j’en ai mal aux abdos!

Quelle soirée mes aïeux!

Jour 11: Muktinah (3700m) – Jomsom (2750m) // 22km D+200 D-1150

On se lève a 7h mais on traîne… Finalement on ne part qu’a 9h30. Petit dej extra mais un peu cher. Nous voulions visiter 3 villages du Mustang dont Franck nous parlait souvent, mais on ne sait pas vraiment ou c’est, et les touristes offices ne semblent pas plus informées. Du coup direction Kagbeni. Le chemin n’est pas top, beaucoup de routes goudronnés. Mais c’est facile on achète des pommes et je discute longtemps avec Marty. Cette fille est vraiment géniale, et elle forme un couple vraiment top avec Tristan. Le genre de couple où sa marche, ça fait plaisir d’en rencontrer. Elle me donne toute les astuces pour la Nouvelle Zélande, où ils ont habités, ça c’est cool! On mange à Kagbeni, où je fais l’erreur de débutant: je commande des noodles quand Nico, Franck et Marty prennent le dal bhat. Mes pâtes sont avalées en un instant et j’ai encore super faim! Eux auront le droit a la deuxième tournée, devant mon regard médusé! Heureusement Nico, sympa, me laisse finir son assiette. Règle d’or, toujours prendre le dal bhat lorsque tes amis en prennent. Comme d’hab le service est très lent, ce sont vraiment des familles qui préparent la bouffe plutôt que de vrais restaurants, aussi redémarre t’on à 14h30 seulement.

Nous sommes alors dans la vallée  vers Jomsom, on se prend un vent violent et plein de sable en pleine face! Par moment il faut escalader, notre pauvre Marty qui souffre du vertige est encore confrontée a une situation délicate. Meme si pas très agréable, ce bout de rando restera pour nous tous un super souvenir, avec nos bandeaux sur la tronche on passe pour des combattants du désert! L’occasion de prendre des photos vraiment sympas.

Il fait presque nuit quand nous arrivons à Jomsom. J’arrive un peu en avance et, pour une raison que j’ignore, les Népalais qui sont la s’entichent de moi et veulent tous prendre un selfie. C’est assez marrant. Puis nous allons chercher les guest house. « Full », « Full »‘, « Sorry full »… Tout est plein ici? Il nous faut 30 minutes pour trouver un hostel ayant de la place. On explique « blablabla on est 6 …. blablabla on mange ici … blablabla good money …. blablabla chambre gratuite ». Le patron rigole: hahaha chambre gratuite??? Pas ici!! » de fait tout est blindax, il nous est demandé partout des sommes astronomiques (pour la région). Il faut dire qu’il y a à Jomsom un aéroport, et une route, il y a donc beaucoup de touristes. Je trouve finalement un truc sympa, la patronne me propose un dortoir pour 1500 roupies, à diviser en 6 donc. Nous n’avons jamais payé plus de 100 roupies ailleurs. Je négocie ferme, j’ai un master en achats tout de même, et j’obtiens au bout de 10 minutes … rien du tout. Je pars en lui disant qu’elle vient de perdre 2 fois 6 repas, ça n’a pas l’air de l’embêter! Nous continuons nos recherches et ne trouvons rien de mieux… Nous voila obligés de retourner voir la dame! Bon je vais peut être essayer de trouver un autre boulot du coup haha.

Cette fois je prends ma douche en premier et profite de l’eau chaude. C’est Tristan qui aura moins de chance, obligé de prendre sa douche dans le noir suite a une coupure d’électricité! Le repas n’est pas mauvais jusqu’au moment où Nico craque pour un dessert et emmène tout le monde dans sa chute: tandis que je prends un riz au lait, ils le suivent sur un apple pie with custard. Savez-vous ce que c’est que la « custard » à Jomsom?? Et bien il s’avère que c’est une sorte de crème pâtissiere qu’ils font ici à base de poudre… On s’est bien marrés en voyant les desserts arriver. On dort à nouveau tout les 6 dans la même chambre, ambiance colo, c’est le top.

Jour 12: Jomsom (2750m) to Larjung (2500m) // 23km D+800m D-1050m

 Curieusement, cet hostel propose un des meilleurs set petit dej testé jusque-la, et pour vraiment pas cher! (4euros). Julie est à sec, le seul ATM du trek étant à Jomsom elle décide d’attendre l’ouverture de la banque a 10h. Franck Nico et moi partons devant, nous ne pouvons pas trop perdre de temps car nous avons le projet de doubler le circuit d’un autre trek, l’Annapurna Base Camp (ABC). Le rendez vous est donné au village de Larjung, 18km plus loin. En partant nous croisons nos amis chinois, le mec trop content de voir Nico lui saute dessus et par maladresse lui envoie une droite en pleine joue! Elle pendant ce temps la prends des selfies avec moi. Elle est folle et je l’adore. Ils nous offrent des pommes puis l’on se dit adieu.

Sur le chemin on parle business, souvent le trek est l’occasion de penser et plein d’idées nous viennent. Il y a au bord d’un lac plein de Népalais, ils s’amusent se tapent dessus, curieux. Dans chaque village on demande du Yak cheese, mais ici il n’y en a plus, quel dommage! Je rêve de samosas, je les espère à chaque village. Nous trouvons seulement dans un village une dame prête à nous cuisiner des noodles. C’est bon et vraiment pas cher (80cts d’euros), en plus elle nous offre des pommes! La balade est très sympa, mais comme d’habitude bien plus vallonnée que prévu. Franck souffre de plus en plus au niveau d’une cheville. Soudain nous prenons conscience que nous sommes du mauvais cote de la rivière. Or le pont indiqué sur Maps.me notre GPS n’existe pas. le village de Larjung est juste en face mais  pour l’atteindre il faut faire un détour de 2h30, cela même si l’on rebrousse chemin. Je suis plutôt pour marcher ces 2h30, même si je suis crevé, Franck lui a trop mal à la cheville. Nico est hésitant. Et si nous traversions la rivière? Avec les sacs et tout?? Des trois je suis certainement le moins « risk taker », même si les petits hors pistes à l’Ice Lake et aux grottes m’ont mit en confiance. On demande à un autochtone, il nous indique la ceinture. Donc un mètre d’eau au plus profond. Ça passe. Mais c’est risque, surtout pour les sacs, et les appareils électronique. « La vie est risque ou abstinence » lance Franck ». Il y a en fait pas une rivière, mais un fleuve éclaté en une dizaine de rivières. Le courant et la profondeur sont donc modérés, mais il ne faut pas glisser. Franck se lance en premier, il fonce, fait un mètre, glisse, se reprend par miracle et revient vers nous: « Je l’ai échappée belle » nous dit il en se marrant. Bon deuxième essai plus calme et réfléchi. Nico et moi prenons un bâton, et on avance. Quand on est dedans, le courant est bien plus fort que ce que l’on pourrait croire. Cela dit un pas après l’autre ça passe. Une frayeur ou deux plus loin, nous voila à Larjung, avec la sensation d’avoir accompli un exploit d’aventurier. 

On retrouve un couple hispano brésilien croisé le premier jour. Ils sont super sympas. Demain ils prennent un bus, ils en ont plein les pattes! Ils se marrent bien quand ils apprennent qu’on a traverse la rivière. Ils nous offrent la fin de leur repas, une part de pizza et un morceau de burrito. C’est si bon, ce soir on prendra tous ça! En croquant ma pizza, j’aperçois Tristan par la fenêtre, ils l’ont fait! Nico part quelques instant. Ses Havaianas ont rendu l’âme. Il se trouve des tongs qui par leur magnificence deviendront mythiques.

L’équipe est au complet, (à part Louis qui n’a pas pu suivre notre rythme), nous commandons tous des burritos et des bières, Julie roule des sandwichs de purple et l’on passe une superbe soirée. Ce soir la c ‘est Tristan qui m’a tué de rire, avec Julie il n’arrivaient pas à se comprendre, la discussion était ubuesque. Il essayait notamment d’expliquer à Julie que, si pour elle son voyage à Cuba avait été si marquant, c’était sans doute parce que c’était son premier. Et pour argumenter, il n’avait de cesse de dire « par exemple l’Ecosse, bah pour moi c’est marquant …. » Et Julie de répondre qu’elle ne voyait pas le lien entre Cuba et l’Ecosse! Bref j’ai encore eu mal aux abdos.

Par contre cette fois on se sépare pour de vrai Frank, Nico et moi devons tracer pour l’ABC tandis que Tristan, Julie et Marty veulent réduire le rythme. Ils sont crevés, ont des ampoules de fous et puis ils n’ont pas de raison d’aller si vite, ils vont finir par arriver a Katmandou 1 semaine trop tôt. On se sert dans les bras, et l’on se dit au revoir avec émotion. Nous nous reverrons pour un dîner à Katmandou.

What a great adventure!

 

4 réflexions sur “Népal: Le Tour des Annapurna Partie 2

  1. riché dit :

    je vous suis dans votre aventure qu elle fierté de pouvoir partager des moment avec vous les garçons,magnifique vivement la prochaine aller bises a vous les loulous et a toute l équipe,joyeux Noel et kifer

  2. lili dit :

    Pas déçue de la partie 2. Un peu fatiguée après toutes ces ballades en altitude 🙂 mais du coup je me suis lancée dans la réalisation de dal bhat, “la vie est risque ou abstinence” !!! Mais ça va j’en ai donné à Tachi notre ami tibétain et il m’a dit que c’était réussi.

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