New Delhi en Famille!

Ca y est mon stage de kite surf se termine, me voilà enchainant les bus locaux et tuktuks pour arriver à l’aéroport de Negombo. Un vol de nuit m’y attend, direction New Delhi. J’ai été prévenu: « Tu sais Mumbai est un chaos organisé, et bien Delhi c’est juste le chaos« . Hum pas trés motivé à l’idée de quitter les plages paradisiaques de Kalpitya pour le bruit des klaxons. Heureusement quelqu’un m’attend la-bas avec toute sa famille: Mukesh.

La family !!!

Il s’agit d’une belle histoire. Mukesh bossait il y 15 ans à la foire de Paris. Il y a rencontré maman, ils ont tout de suite sympathisé. L’année suivante, Mukesh logera à la maison plutôt qu’à l’hotel. J’ai alors 15 ans. Je garde de très bons souvenirs de cette période, chaque soir Mukesh se change, va en cuisine et nous prépare de succulents plats indiens. Mon amour pour cette cuisine épicée vient de là. Mon anglais était très approximatif, mais un fort lien entre nous s’est crée malgré tout. Un soir nous jouons au poker avec papa et Tof. Je gagne beaucoup, jusqu’à plus de 100€ (à 15 ans c’était un somme énorme!). Je rêve déjà des futurs jeux vidéo que je vais pouvoir m’acheter. C’est alors que j’ai une pair d’As. Je mise mes 100€, Tof me suit avec 5 et 2 de coeur et de manière absolument improbable, je perds le coup et par conséquent tout mon argent. Vous savez combien je suis mauvais joueur, alors difficile de dissimuler ma detresse ce soir là. En fin de partie, je vais chercher mon argent de poche pour payer ma dette. Je tends l’argent à Mukesh qui refuse catégoriquement: « c’est comme si je prennais l’argent à mon frère » dit-il. Ce soir là, je n’ai peut être pas gagné les 100€, mais j’ai gagné un frère; c’est 1000 fois mieux!

Comme d’habitude je prend un vol de nuit. J’arrive à l’aéroport exténué: si je m’allonge par terre je m’endors c’est sûr! Mukesh à la gentilesse de venir me chercher à l’aéroport. Vais-je le reconnaître 14 ans après? Et lui? Bon à 15 ans j’avais déjà les cheveux longs… Mais pas la barbe! Tout d’un coup je le vois au loin. Quelques cheveux blanc, un peu d’embonpoint (ce qu’on appelle la Delhi Belly ici) sinon c’est le même. Je me sens tout de suite à l’aise. Nous allons à Dwarka, un quartier résidentiel plutôt calme. Je fais alors la connaissance de ses parents Ramphal et Bimla, de sa femme Anjou et de ses deux enfants, Advey 7ans et Aria 4ans. Ils m’ont préparé un lit pour dormir mais avant « Breakfast! ». Me voilà vite avec un thé au lait et de délicieux parathas. Quel régal.

Je suis chez eux reçu comme un pacha. Dès que je me lève, la mère de Mukesh qui ne parle pas anglais vient me voir et me lance « Breakfast? » puis me prépare un thé et des parathas. Attention tant que je ne dis pas stop elle continu, si bien que le premier matin j’en ai mangé 4! Je passe la journée à Delhi puis selon l’heure à laquelle je rentre j’ai le droit à « lunch? » ou à « the and biscuit? ». Lorsque Anjou rentre, elle me demande si j’ai du linge à laver, puis ce que je veux manger et à quelle heure. Et lorsque je vais dans la cuisine pour faire la vaisselle elle me dit avec un grand sourire « c’est la honte pour moi si je te laisse faire la vaisselle« . Dans ce cas je n’insiste pas 😁. En réalité je suis à la fois ravi et géné. J’en parle à Mukesh qui m’explique avec gentilesse: « Tu sais Mathieu quand j’étais en France je mangeais à table en même temps que tout le monde et à la fin je débarassais mon assiette. Je m’adaptais. Ici tu es en Inde, tu dois t’adapter. C’est normal que tu manges à l’heure que tu décides et que tu ne fasses pas la vaisselle. C’est comme ça que nous recevons les invités« . Les choses ainsi posées me voilà tout à fait à l’aise! En plus de cela je m’entends super bien avec les enfants: Advey chasse les pokémons dans l’appartement puis vient faire un  rapport détaillé à « Matthew World Tour« . Je lui passe ensuite mon téléphone pour qu’il entraine mes guerriers dans Final fantasy. Aria est trop rigolote, pas timide pour un sous elle n’arrête pas de me parler en Hindi et vient me chatouiller quand je lis tranquilement. Elle m’appelle « Matthew Uncle ». Mukesh est comme un grand frère pour moi, toujours plein de sérénité il répond à toutes mes questions sur la culture Indienne avec inteligence. Anjou est sans cesse souriante, elle fait souvent des blagues (que je ne comprends pas toujours). Docteur en médecine ayurvédique, je lui demande un jour quel conseil elle pourrait me donner pour ma santé. Je m’attend à un truc genre « jus de citron » ou  » tilleul »… Elle me répond simplement « rigoler!! C’est le meilleur des remèdes n’est ce pas ! » Le soir, je dors dans un grand lit avec Mukesh et Advey dans la seule chambre climatisée. J’ai vraiment l’impression d’être en famille. En fait je suis en famille.

Exploration de Delhi

Je profite de mes journées pour découvrir Delhi. Je suis plutôt agréablement surpris. Il y a un métro efficace et climatisé qui m’emmène jusqu’au centre ville. De là je fais des « randos citadines« . Bien sûr on est pas sur une paisible balade: il a les vendeurs qui te sautent dessus, les tuktuks qui te harcèlent, et les mendiants qui te suivent sur 50 mètres. Hormis ces désagréments, Delhi possède pas mal de lieux touristiques (Red fort, Indian gate, le parlement, le Purana Qila, le temple baha’i en forme de lotus ou encore le très reposant parc Lodi.)

Mukesh et Anjou posent des jours de congés rien que pour s’occuper de moi. Nous faisons une première excursion au village d’enfance d’Anjou: Jharoda Kalan. La famille d’Anjou est aussi sympa que celle de Mukesh. On me fait goûter aux produits locaux: beurre de bufflonnes et ghee au sucre! Je découvre dans le village un immense temple, l’occasion de goûter à la street food: le chaat, une sorte de pomme de terre en sauce avec une galette écrasé. Bizarre mais très bon! Je croise de nombreuses bufflonnes et, bien plus surprenant, des paons sauvages! Ce village est réputé car il possède un immense temple dédié à un ancien guru. Chaque année se déroule une grande procession en son honneur et les fidèles se jettent dans une holy pool (sainte piscine). Cela génère pas mal de revenus pour le temple qui a construit une salle de sport toute équipé gratuite pour les locaux. Après la prière donc, un volley puis un peu de developpé-couché 😁! Plus surprenant, entre le temple et la salle, un grand feu à ciel ouvert: 

-« C’est quoi ça Mukesh? »

-« Ca? Un feu pour les crémations »

-« Aaah…. Et ça brûle en permanance? »

-« Non, juste quand on brûle des morts »

C’est ça l’Inde, on prie puis on soulève de la fonte, tout en sentant la fumée des ancêtres disparus!

 

L’amour en blanc

Nous partons ensuite pour Agra. Nous sommes accompagnés par Jeetu, le frère d’Anjou, ainsi que sa femme Reenu et leur fille d’1 an. Ils sont super sympas. Je n’ai pas le droit de payer quoi que ce soit, ni les repas, ni l’hôtel, ni même l’entrée pour le Taj Mahal qui pourtant coûte 20 fois plus cher pour les étrangers que pour les Indiens. Ils sont tous aux petits soins, me proposent de l’eau, des popcorns, une glace. Le Taj Mahal est à la hauteur de sa réputation.. Il est juste parfait. Peu de monuments m’avaient marqué jusque-là. Or ce chef d’oeuvre de marbre blanc m’a coupé le souffle. Et puis il ne s’agit pas d’un enième temple: c’est un mausolée construit sur l’ordre d’un souverain Mongol en l’honneur de sa défunte femme. Un monument d’Amour en somme. Agra est l’occasion également de visiter un fort Mongol très intéressant avec vue imprennable sur le Taj.

Il m’est difficile de bien retranscrire ici à quel point la famille a été gentille avec moi. Ce niveau de gentillesse dépasse l’entendement. J’ai une anecdote sympa pour l’illuster: alors que je concluais mon petit dèj à l’hotel d’Agra, il ne me restait plus qu’une banane et un peu de confiture. Afin de ne rien gacher, une idée saugrenue me vient: j’étale la confiture sur la banane et l’avale discrètement. Depuis ce matin là, à chaque fois que je prend une banane, quelqu’un m’apporte de la confiture!

« Smart-temple »

Je passe mon dernier jour avec Jeetu. Je m’entends super bien avec lui. Nous avons le même age et j’ai l’honneur d’être son premier ami etranger. A Agra il allait m’acheter du « lait parfumé » qu’il m’amenait jusque dans ma chambre. Et quand je lui disait que je n’avais pas de décapsuleur, hop il m’ouvrait la bouteille avec ses dents! Le dernier jour donc, il m’emmène à Delhi manger le meilleur « chur chur naan » de la ville! Puis direction un énorme temple Hindu à l’exterieur de la ville: Akshardhan temple. Le temple est immense et magnifique: l’intérieur n’est fait que de sculptures en marbre ultra détaillées! Il y a ensuite une exhibition digne de Disney Land: une retrospective du guru en poupée robot, un film d’1h sur un écran gigantesque (jamais vu un si grand de toute ma vie) et une balade en bateau retraçant l’histoire de l’Inde! Un temple 2.0.

C’est le départ…

Le lendemain je partirai pour Leh, retrouver Nico. Ca me fait bizarre de partir. J’ai l’impression d’être à la maison… Ce soir Mukesh commande à domicile mon plat préféré et recommandé par maman: le Malai Kofta. Et pour le dessert Anjou me propose un « milk cake » ma patisserie préférée. Je lui répond qu’il n’y en a plus, je les ai fini la veille. Et dans un grand sourire elle me répond « j’en ai racheté rien que pour toi! »

Dans l’avion, alors que je survole les magnifiques montagnes, je me sens deja tout nostlagique et je me rend compte à quel point il est formidable d’avoir de si merveilleux amis.

2 réflexions sur “New Delhi en Famille!

  1. Encore un superbe reportage sur Delhi et ton merveilleux séjour chez tes hôtes. La rencontre et les échanges de très belles personnes. J’ai retrouvé certains paysages et temples de Delhi et découvert beaucoup d’autres. Merci pour tout cela. <3

  2. En lisant tout ça je me suis retrouvée quelques années en arrière, à ta place chez Mukesh et Anjou. Le même accueil, la même gentillesse, ils sont toujours souriants. Agra, Delhi etc… des lieux magnifiques. Un pays difficile mais tellement magique.
    Il ne reste plus qu’à attente ton retour Matthieu pour nous aider à accueillir la famille de Mukesh aussi génialement qu’ils l’on fait pour nous 3.

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