Philippines Partie 2: Comment Nico a faillit mourrir !

Le kite c’est fini! Notre dernier objectif c’est la plongée, nous voulons passer notre niveau PADI Advance! Nous décidons pour cela d’aller à Bohol, plus précisément à Panglao, là où habite Jay-Jay. Georges sera bien sur de la partie. Nous prenons pour cela un ferry et, sur le port, nous rencontrons un Francais, Clément, qui n’a pas vraiment de plan. Il partage le taxi avec nous et nous suis a l’auberge. Nous avions repéré quelques auberges, et, après quelques essais infructueux, nous nous retrouvons dans une auberge ou le patron est complètement cuité: c’est son anniversaire! Il y a une soirée organisée, nous restons donc ici sans hésiter. (Bon c’est une soirée karaoké…)

Panglao est un village sympa, très prisé pour la plongée (65 écoles). Apres la solitude de Zamboanguita, cela fait du bien de rencontrer un peu de monde, même si je l’avoue, je n’en peu plus de rencontrer des gens! C’est toujours les même small talk…  Tu es arrivés quand? Tu restes combien de temps? Tu viens d’où? blablabla… On s’en fou !!! Nous trouvons vite notre lieux pour le petit dej, notre eatery pour midi, ainsi que notre adresse plaisir: Shaka! Ils proposent de succulents burgers végétariens, c’est le top.

Nous allons au centre de plongée recommandé par Jay-Jay. Nous y faisons la connaissance de nos futurs instructeurs, Mike et Dom Dom, tout deux trop sympas. On commence par une journée « fun dive », trois plongés en un jour. Incluant la balade en bateau, et le repas, la journée nous revient à 65 euros, c’est cadeau! L’eau est turquoise, l’ambiance très sympa et il y a de magnifiques coraux partout. Nous aurons l’occasion de faire une plongée avec du courant, il suffit alors de ne pas bouger et la mer vous fait glisser le long du mur de corail, c’est splendide. Nous aurons également l’occasion de faire une plongée dans un lieu réputé pour les tortues. Kyle, notre ami canadien menace DomDom: « si je ne vois pas de Tortue, tu me payes une bière! » Celui-ci répond en rigolant, « ok, mais si on en voit tu me payes une bière par tortue! » et pour cause, nous en verrons au moins 20! Les tortues sont immenses et fascinantes à observer, elles nagent avec majesté et semblent ne jamais pouvoir être dérangées. Pour citer Jay-Jay « They just dont give a f**k »

Pour passer notre diplôme, nous aurons également à faire des plongées techniques. D’abord une navigation à la boussole, que Nico et moi ne réussirons qu’à la 3eme tentative, puis le soir la fameuse « Night dive »: la plongée de nuit. Et là mes amis, il s’agit d’un des moments les plus fort du voyage. Imaginez, il est 18h, le soleil se couche, bientôt il fera nuit… Et pendant que les touristes profitent de l’happy hour, enchaînant les Pilsens, un petit groupe d’irréductibles, nous, s’équippent de leur plus belle combinaison ainsi que d’une lampe torche et montent sur le bateau. Il fait plus frais que pendant la journée certes, mais l’eau semble d’autant plus chaude. Arrivés au lieu de départ, il faut s’équiper et plonger (enfin se renverser en arrière) dans l’eau noire. Tout est alors obscur, seules les torches font de la lumière. Puisque l’on ne se voit pas, il faut faire les signes avec la lampe: pour montrer un poisson, l’entourer d’un cercle de lumière, pour dire que tout va bien faire le signe « OK » classique en éclairant l’autre main de la torche, pour faire un SOS remuer la lumière très vite pour attirer l’attention. 

Il y a quelque chose de fascinant a faire ce genre d’activité de nuit. L’impression de faire un truc inédit, imprévu par dame nature, d’être comme d’éphémère voleurs d’inaccessibles beautés du cosmos, de fugaces pilleurs réveillant ci et là de  splendides poissons. Tout semble plus beau la nuit… La lampe ajoute en cela deux éléments: premièrement elle permet de se focaliser sur l’espace étroit qu’elle éclaire, rendant l’œil plus attentif, deuxièmement elle révèle d’invisibles couleurs, l’océan filtrant de jour la lumière du soleil à mesure qu’elle s’enfonce dans les profondeurs. La torche permet donc de voir toutes les couleurs à de bien plus grandes profondeurs. Parfois j’observe la surface de l’eau et je m’imagine être un agent secret envoyé pour détruire le Rainbow Warrior (mais en vrai je serai un agent double de GreenPeace et je ferai péter des bateaux de pèche illégaux!). Nous suivons un mur de corail, nous observons les poissons et autres crustacés, leurs incroyables couleurs. D’un coup, plus bas, deux calamars nous font coucou, leur atypique manière de se déplacer est fascinante… Et que dire de leur couleur luminescente lorsqu’on les éclaire? C’est l’une des rares récompenses des végétariens, observer ce monde magnifique sans une once de culpabilité. Personne ne pourrait manger du calamar après avoir, une nuit de décembre lors d’une plongée, observé leur aérienne et captivante nage. A ce moment Nico et moi nous observons, et sans se le dire on le sait: on a de la chance de vivre ce moment.

Parfois je me retourne, éteint ma torche, et observe l’immense profondeur de l’ocean, c’est super flippant! Quelques instants plus tard, Nico se met à éclairer la paroi. Nous sommes à 12m de profondeur, Qu’a t-il vu? Je regarde désespérément en direction du mur, Nico doit vraiment avoir découvert un truc rare pour essayer de le montrer avec autant d’enthousiasme! Il me faut quelques secondes pour réaliser qu’il pourrait s’agir… d’un SOS?

Lorsque je réalise cela, Nico s’est déjà rapproché de Mike, notre instructeur. Que se passe t’il? Tout est obscur ici, c’est effrayant, je ne comprends pas pourquoi Nico subitement a un problème. Or à 12m de profondeur, il ne s’agit pas de remonter tout d’un coup. Ça craint! Alors que le suspens est à son paroxysme, je me retourne et je vois Georges en train de filmer avec sa Gopro. Oubliant un instant la situation de stress et, pour faire bonne figure sur la vidéo, je fais un grand signe à la camera « tout va bien! » sans me rendre compte sur le coup de l’indélicatesse de mon acte: mon travelmate est en train de mourir derrière moi et je pose devant la camera genre tout va bien! Cela nous fera bien rire après coup!! En réalité, la bouteille de Nico était mal ouverte. en conséquence, plus nous sommes descendus en profondeur, plus l’air avait de mal à sortir. Et à 12m d’un coup, plus d’air! Il a fallut à Nico quelques secondes pour réaliser, « cela n’arrive qu’aux autres » se disait-il, surtout qu’il avait vérifié quelques minutes auparavant, sa bouteille était presque pleine. Lorsqu’il a compris qu’il n’avait plus d’air, quel stress, de nuit, à 12m! Heureusement il a eu les bons réflexes et a pu se rapprocher de Mike avec le peu d’air qui lui restait dans les poumons. La première bouffée d’air respire fut pour lui une délivrance! DomDom nous a rejoins, a ouvert la bouteille, et nous avons même plus continuer la plongée. Mais quelle émotion!

En fin de plongée, pendant les 3 minutes à 5 metres de profondeur (arrêt obligatoire pour la sécurité), DomDom nous avait dit d’éteindre les lumières, de remuer les bras dans le noir et de voir ce qui se passe. On s’exécute, les lumières sont éteintes, un petit frisson me parcours: tout est si obscur! Puis nous remuons les bras devant nous… Le Cosmos nous offre a nouveau un spectacle extraordinaire: le plancton, micro-organisme invisible- devient luminescent! Des ténèbres de l’océan jaillissent des éclats de lumières, comme une voie lactée à portée de main. Lorsque nous sortons finalement de l’eau, nous le savons, nous venons d’assister à  l’un des plus beaux spectacles de notre vie… 

Diplôme en poche, Nico et moi avons accompli tout ce que nous voulions. Ce voyage aura été un rêve éveillé pendant 10 mois, tout nous a souris. Quelle chance! Pour profiter de nos derniers jours, Jay-Jay et Mike nous proposent un tour en scooter. On dirait de vrais guides touristiques! Nous découvrons un magnifique pont en bambou ainsi que de splendides rizières. Nous faisons également un arrêt pour voir un animal incroyable, le tarsier: on dirait un petite peluche avec des yeux globuleux, un corps de singe, une queue de rat et des pattes de grenouilles. Ils sont trop mignons! Nous allons jusqu’à Chocolate Hills, une surprenante succession de collines (1700!!). Sur le retour, nous allons piquer une tete dans une piscine naturelle, creusée par une cascade de 40 metres. En barbotant dans l’eau, je m’amuse a penser que c’est le mois de décembre et qu’il doit faire bien froid en France…

Il nous reste quelques jours à passer à Manille. J’en profite pour voir Charlotte, qui me propose une visite guidée. Nous montons dans les Jeepney, et allons d’un centre commercial à une église. Sur le retour, je trouve un cyber café. Il faut mettre des pièces de 1 peso dans une machine pour lancer l’ordi. Le clavier est en qwerty, je commence a avoir l’habitude, c’est juste galère pour les accents. Le clavier, je l’ai sur les genoux; ah ça mes chers lecteurs, j’en ai à revendre des anecdotes sur les conditions d’écritures de ce blog, si vous les connaissiez vous excuseriez volontiers toutes mes approximations et fautes d’orthographes! Le temps file et je rentre à l’hôtel de nuit. Manille, la nuit, c’est une expérience… Je ne m’éternise pas!

Nous partons pour la Nouvelle Zélande. La fin d’un projet, le début d’une nouvelle aventure. C’est avec émotion que Nico et moi trinquons dans l’avion, du Don Papa 10 ans d’age, rhum philippin succulent. C’est donc après une quasi nuit blanche et la gueule de bois que nous posons notre pied a Auckland. qui l’eut cru?

4 réflexions sur “Philippines Partie 2: Comment Nico a faillit mourrir !

  1. Claire HERITIER says:

    BRAVO pour toutes ces fabuleuses aventures et pour cette magnifique et èmouvante plongée nocturne. VIVE la VIE ! <3<3<3

  2. lili says:

    C’est une belle fin de projet. Vus avez fait corps avec la nature durant tous ces mois. Quelle belle expérience de vie, riche de rencontres et de paysages si différents.
    Que votre aventure vous soit aussi douce au pays des kiwis. 🙂

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