Thaïlande Partie 3: Requiem pour une barbe 

Nous sommes toujours comme à la maison dans cette auberge. D’ailleurs les nouveaux arrivants ont l’impression d’être invités chez nous ! La vie douce suit son cours. Nico et moi glandons tranquillement. Le matin on se prepare des petits déjeuner de fous, à base de mangues et d’ananas frais ainsi que du granola au yaourt. Il y a même une cafetière à l’italienne, cela fait si longtemps ! On se promène sur la plage, lisons au bord de la piscine, et rythmons nos jours par des arrêts au restaurant juste en face que nous appelons affectueusement « la cantine ». Nous jouons aussi au Frisbee avant les couchés de soleil, puis buvons une bière pour observer ce dernier. Un tour au 7/11, la supérette 🏪, et on se fait nos provisions pour le soir : Tiger, Chang ou Leo ? 

A l’auberge les gens défilent. Le Polonais met à rude épreuve Nico, qui se plonge dans Vipassana pour ne pas ceder à l’aggressivité. L’américain super lourd est toujours aussi lourd. Le matin on le surveille pour l’esquiver. Il est ivre 24/24… En quelques jours, il a eu le temps de perdre ses écouteurs et son enceinte Bluetooth, de bousiller un scoot et de perdre son drone dans la mer ! Le soir, bourré, il fait tomber des bouteilles de verre sur le sol et, lorsque la patronne de l’auberge passe un coup de balet, il lui pose nonchalamment un billet sur la table. (Qu’elle ne prend jamais). D’ailleurs lorsqu’il m’a vu cuisiner, il m’a demandé de lui faire la même chose, « je te paye » me dit-il. Il semble qu’il n’envisage aucune relation autrement que mercantile, c’est consternant. Un jour où il était complètement bourré, au point que cela me préoccupe, je vais dans son dortoir et lui demande à travers la porte de la salle de bain s’il a besoin de quoi que ce soit. Il ouvre la porte, et complètement nu me fixe et me lance menaçant , « what do you want ». Je lui expliquerai par la suite que je m’inquiétais juste pour lui, et, vu son regards incrédule, je ne suis pas certains qu’il ait compris ce genre de motivation humaniste désintéressée. Cela dit, le plus fou dans tout ça, c’est qu’après avoir discuté un peu avec lui, ce n’est pas un mauvais bougre, juste une énième victime de la solitude, lancé dans une pathétique autodestruction. 

Le repos à Koh Lanta est aussi l’occasion de téléphoner à la famille. Beaucoup de gens me manquent, mais il n’y a qu’une personne pour qui le manque ressenti dépasse parfois la limite de ma tolérance : ma maman. Et il y a plus dur encore que le manque ressenti, il y a le manque induit. Or cela me rend malade de voir ma maman triste. Lorsque nous nous skypons, maman a de plus en plus de mal à dissimuler sa tristesse. Un détail semble l’exasperer et cristallise son émotion : ma barbe. Celle-ci n’a pourtant aucune importance pour moi. Mais, me dis-je, n’est-ce ce pas la une manière facile de lui envoyer une preuve d’amour ? L’idée tourne dans ma tête une journée puis c’est décidé, demain je coupe la barbe ! 

A ce grand changement de paradigme sub-capillaire va bientôt s’ajouter un bouleversement dans l’auberge. Ils sont 4 et s’appellent Luce, Marine, Max et Megguy. Le patron nous remu la main de droite à gauche pour nous indiquer qu’il les sent moyen, dès leur arrivée ils se plaignent que les lit ne soient pas fait et fustigent l’absence de pq. Pas de doute, ils sont français! Mais pour une fois l’intuition du boss est mauvaise, car ils sont tous vraiment geniaux. J’échange quelques minutes avec Megguy et Marine. Cette dernière a un sourire lumineux, presque hypnotique. Elle a le bras completement brûlé, un lampion lui est tombé dessus pendant le festival des lumières! Elle était donc sur le pont le même soir que nous! Entre anecdotes et sourires, je me rends soudainement compte qu’elle a réussi à obtenir de moi un verre d’eau et des noodles toutes préparées… « eh!! Ce n’est pas juste d’user de ses charmes pour se faire servir!! ». Megguy voyage avec max depuis bientôt 1 an, de vrais baroudeurs! Facile d’accrocher avec eux 😀 surtout que Max est un joueur presque professionnel de beer pong ainsi qu’un fanatique de H. Je ne peux que bien m’entendre avec lui. Luce enfin est aussi douce qu’amusante, je suis avec elle en confiance dès les premiers instants et elle devient vite m’a confidente. J’adore sa manière d’être, elle est jolie et très classe mais craque volontier pour une crêpe au nutella. Elle ne se prend pas au serieux, c’est vraiment cool. En plus elle n’aime pas les légumes, parfait pour partager les repas avec moi! Par contre attention, ne pas la deranger le matin avant qu’elle ait mangé ses chocapics sous peine de graves sanctions!

Avec la fine équipe on glande et on s’amuse. J’ai une complicité évidente avec Marine que j’embarque sur mon scoot. L’occasion pour tout le monde d’aller visiter une cascade au nord de l’ile. Agos, un Belgo-Thai nous rejoins pendant le repas. Nous mangeons à côté de la plage et n’avons qu’une envie, piquer une tête. Mais notre nouvel ami nous dit « quel dommage d’aller ici, on est à 5 minutes des plages du sud bien plus jolie! » On hésite mais après tout il est d’origine Thai, il sait de quoi il parle. On remonte sur les scoots pour 5 minut… euh 10 minu??? Ah bah 45 minutes en fait!! Et quand Max vérifie sur le GPS il se marre et nous dit « On est retourné au Nord de l’ile! ». En vrai on en veut pas trop à Agos, il est super sympa et grace à lui on a vraiment fait le tour de l’ile😁.

Un soir le petit groupe a une idée saugrenu, qui veut faire un twister? Je suis le seul recalcitrant aussi je deviens le maitre du jeu. Cécile et Marie sont de la partie ainsi que Diego, un Chilien dont les yeux bleu font des ravages. Des positions inextricables mettent à rude épreuve tous les joueurs, surtout qu’un invité surprise va me servir d’assitant masochiste: Florent. Il est bientôt suivi de son ami Maïté qui entre deux cigarettes lance d’amusants commentaires. C’est la troisième partie et la pression populaire veut absolument que Florent et moi jouions. Le hasard nous met bientôt dans des positions compromettantes, l’occasion pour Florent de faire comprendre par d’hilarantes petites phrases quelles sont ses inclinaisons sexuelles. Quelle crise de fou rire! Avec nos deux nouvelles recrues l’équipe est au complet.

Maïté est végétarienne et semble très bien integrée au monde LGBT lyonnais. Elle semble n’avoir aucun taboo, aussi est-ce un plaisir des passer l’aprem à bavarder autour de la piscine. Florent, au delà du personnage rigolo de la partie de twister, est un des mecs les plus gentils que j’ai rencontré pendant le voyage. Toujours un mot pour arrondir les angles, toujours une petite attention à ceux qui l’entoure bref Florent n’est que délicatesse. Nous partons avec l’équipe pour une soirée au Mushroom bar qui restera dans las annales du grand n’importe quoi! Certains passerons la soirée à boire, d’autres à danser… Et ceux qui ne font ni l’un ni l’autre trouverons d’autres occupations ! Et moi dans tout ça? Boire et danser oui… Mais aussi parler, notamment avec Toni, une Allemande d’une divine beauté que j’ai sans doute gonflé avec mes discours idéalistes, puis j’ai pensé beaucoup, toujours un peu la tête dans les étoiles… Tout ça se termine par un concours de hula hoop remporté haut la main par Toni, décidément cette fille est parfaite 😒😒! Sur le chemin du retour, j’évite dans le jeepney par un reflexe magique de me faire vomir dessus! (Par une personne qui restera anonyme 😋).

C’est bientôt l’heure des séparations. Quelques jours seulement nous auront suffit à creer des liens très fort. Il n’y a pas de doute, se dit-on en se quittant, un jour nous nous reverrons!

4 réflexions sur “Thaïlande Partie 3: Requiem pour une barbe 

  1. Merci de la nouvelle recette de pâtes sans gluten.... je vais de ce pas la tenter.... à ma façon, bien sur! Bon appétit 😘 dit :

    Encore de beaux portraits de rencontres variées.
    Bravo pour le nouveau visage sans barbe !
    Ne t’inquiere Pas, on s’occupe de ta Maman 😘

  2. Claire HERITIER dit :

    tellement renversant sans la barbe que ça donne le tournis pour te voir… J’attends le prochain portrait « à l’endroit’ pour admirer ça !

  3. lili dit :

    Après un début de lecture toujours passionnant , j’ai eu mon instant de pure émotion, les yeux brillants, la larme prête à couler. Le coeur touché par ce sentiment de manque partagé. Mais quel bonheur de savoir son enfant en train de vivre une telle expérience à travers le monde. Ma plus grande joie c’est finalement de savoir que cet enfant qui est un homme aujourd’hui sait profiter de la richesse de notre monde tant dans la nature que dans les rencontres humaines.
    Je n’ai qu’une envie, c’est de faire à mon tour toutes ces rencontres qui ont pendant un moment partagé la vie de mon fils.
    Et comme le dit Matth, je sais que nous nous retrouverons. (même si dans mon coeur tu n’es jamais parti 🙂 )

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